Contrôle technique moto : ce que dit vraiment votre contrat

Un technicien examine la partie avant d'une moto dans un atelier de contrôle
Résumé IA

Publié le 21 septembre 2026. Textes officiels et documents contractuels relevés le 6 septembre 2026.

Votre moto sort du centre de contrôle avec un procès-verbal qui porte une défaillance. La première question qui vient n’est pas celle de l’amende : c’est de savoir si votre assurance vous couvrira encore en cas d’accident. La réponse tient en une phrase, et elle surprend. Dans les trois contrats moto que nous avons ouverts le 6 septembre 2026, aucun ne fait de la validité du contrôle technique une condition de garantie, c’est-à-dire de ce que l’assureur s’engage précisément à couvrir. Le danger est ailleurs, et il est réel. Il vient de ce que le procès-verbal écrit noir sur blanc, et que vous n’aviez peut-être jamais déclaré.

Deux régimes se croisent ici et ne disent pas la même chose. Le code de la route impose le contrôle technique et sanctionne son absence par une amende, en règle générale forfaitaire de 135 euros et pouvant aller jusqu’à 750 euros. Le contrat d’assurance, lui, obéit à ses propres clauses.

Nous avons lu le 6 septembre 2026 trois documents de conditions générales moto, soit 246 pages au total, plus deux documents d’information sur le produit d’assurance. Les mots « contrôle technique » y apparaissent cinq fois en tout. Jamais pour conditionner une garantie : une fois pour exclure les professionnels du contrôle de la qualité d’assuré, trois fois dans la protection juridique, une fois dans la liste des pièces à fournir après un sinistre, c’est-à-dire après un événement qui déclenche une demande de remboursement.

Ce qui expose vraiment votre indemnisation, c’est la modification non déclarée que le procès-verbal rend visible, et le fait que l’assureur peut indemniser la victime à votre place puis se retourner contre vous.

Ce que la loi impose : un calendrier, trois niveaux de défaillance, une amende

L’article R323-27 du code de la route, dans sa version en vigueur depuis le 25 octobre 2023, fixe la règle de fond. Les véhicules motorisés à deux ou trois roues et les quadricycles à moteur font l’objet d’un contrôle technique « dans les six mois précédant l’expiration d’un délai de cinq ans à compter de la date de leur première mise en circulation », puis d’un contrôle périodique « renouvelé tous les trois ans ». Pour les véhicules de collection, le même article porte l’intervalle entre deux contrôles à cinq ans, « à l’exception des cas de mutation », c’est-à-dire de changement de propriétaire.

Le déploiement s’est fait par vagues. La fiche officielle de service-public.gouv.fr consacrée aux véhicules de catégorie L, vérifiée le 1er janvier 2026, indique que le premier contrôle des motos immatriculées en 2017, 2018 et 2019 devait être réalisé en 2025. Pour celles immatriculées en 2020 et 2021, il doit l’être en 2026, au plus tard quatre mois après la date anniversaire de la première mise en circulation et dans la limite du 31 décembre 2026. Pour les immatriculations de 2022 et après, la règle des six mois avant le cinquième anniversaire s’applique directement.

Le contrôle porte sur 80 points. Le contrôleur classe ce qu’il trouve en trois niveaux : la défaillance mineure, sans conséquence sur la sécurité du véhicule ou sur l’environnement ; la défaillance majeure, qui peut compromettre la sécurité du véhicule ou mettre en danger les autres usagers ; la défaillance critique, qui constitue un danger direct et immédiat pour la sécurité routière. C’est ce classement, et non l’existence d’un défaut, qui décide de la durée de validité de votre procès-verbal.

Résultat du contrôleStatut de votre véhiculeDurée de validitéContre-visite
Favorable (A), aucune défaillance majeure ni critiqueEn règle3 ansAucune
Défavorable pour défaillance majeure (S)Sous conditions : vous devez faire réparer et repasser au contrôle2 mois à compter de la date du contrôleObligatoire, dans les 2 mois suivant le contrôle
Défavorable pour défaillance critique (R)Validité limitée au jour du contrôleLe jour du contrôle uniquementObligatoire, dans les 2 mois suivant le contrôle
Règles relevées le 6 septembre 2026 sur la fiche service-public.gouv.fr consacrée au contrôle technique des véhicules de catégorie L, vérifiée le 1er janvier 2026. La contre-visite favorable vaut 3 ans à compter de la date du contrôle périodique défavorable qui l’a provoquée.

Retenez la ligne du bas, c’est la plus mal comprise. Une défaillance critique ne vous laisse pas deux mois de tranquillité : votre contrôle n’est valable que le jour même. Dès le lendemain, vous êtes exactement dans la situation d’une moto qui n’a jamais été présentée. La même fiche officielle précise la sanction : une amende pouvant aller jusqu’à 750 euros, en règle générale une amende forfaitaire de 135 euros, avec une possible décision d’immobilisation lors d’un contrôle des forces de l’ordre et une mise en fourrière possible en cas d’absence de présentation aux contrôles obligatoires.

Ce que les contrats lus disent du contrôle technique : cinq mentions, aucune condition

Nous avons cherché le mot dans les documents contractuels eux-mêmes, pas dans des pages commerciales. Voici ce que nous avons trouvé, et rien d’autre.

Ce qui a été cherché : toute occurrence des mots « contrôle technique » dans les documents contractuels, puis la fonction exacte de chaque occurrence (condition de garantie, exclusion de garantie, obligation après sinistre, définition, garantie de protection juridique).

Documents ouverts : trois documents de conditions ou dispositions générales moto et scooter, soit 246 pages, et deux documents d’information sur le produit d’assurance, téléchargés le 6 septembre 2026 depuis les sites de leurs distributeurs, sans devis ni souscription. Les liens figurent en fin d’article.

Textes officiels ouverts : les articles L323-1 et R323-27 du code de la route, les articles L113-1, L113-2, L113-8, L113-9, L113-11 et L211-7-1 du code des assurances, et la fiche service-public.gouv.fr sur le contrôle technique des véhicules de catégorie L.

Date du relevé : 6 septembre 2026.

Ce que cette lecture ne dit pas : trois contrats ne sont pas le marché. Nous n’avons relevé aucun tarif, simulé aucun devis, établi aucun classement, et nous n’avons pas lu les conditions particulières, qui adaptent le contrat à chaque assuré. Un autre assureur peut rédiger autrement.

Document ouvertOccurrences de « contrôle technique »Fonction de la mention
APRIL Moto, dispositions générales Moto et scooter, réf. DG APRIL Moto – Moto et scooter – V0425, 52 pages1Garantie de protection juridique : l’assureur défend vos intérêts en cas de litige « avec le centre de contrôle technique ayant procédé à une vérification technique » de la moto
Matmut, contrat 2R Rider, conditions générales, 114 pages, sans référence de version imprimée1Formalités après sinistre : parmi les pièces à transmettre au cours de la gestion du dossier figure « une copie du procès-verbal de contrôle technique »
AXA, conditions générales Ma Moto – Mon Cyclo, réf. 981029 B, janvier 2026, 80 pages3Une fois pour écarter les professionnels du contrôle technique de la qualité d’assuré, deux fois dans la protection juridique, pour les litiges avec le centre de contrôle
APRIL Moto et AXA, documents d’information sur le produit d’assurance, 2 pages chacun0Aucune mention
Relevé effectué le 6 septembre 2026 dans les documents cités en fin d’article. Ces documents ont été retenus parce qu’ils sont téléchargeables sans devis, et non parce qu’ils représenteraient le marché.

Le résultat est net : dans ces trois contrats, le contrôle technique n’apparaît jamais comme une condition de la garantie, ni dans la liste des exclusions de garantie, c’est-à-dire des cas que le contrat ne couvre jamais. Il apparaît comme un service que vous pouvez faire défendre, comme une catégorie de professionnels que le contrat n’assure pas, et comme une pièce de dossier après un sinistre.

Pourquoi une clause « pas de contrôle technique, pas de garantie » ne tiendrait pas

Cette absence n’est pas un oubli de rédaction. L’article L113-11 du code des assurances, dans sa version en vigueur depuis le 1er juillet 2021, déclare nulles « toutes clauses générales frappant de déchéance l’assuré en cas de violation des lois ou des règlements, à moins que cette violation ne constitue un crime ou un délit intentionnel ». La déchéance est la sanction qui prive l’assuré de sa garantie parce qu’il n’a pas respecté une obligation prévue au contrat.

Autrement dit, une clause générale du type « vous perdez vos garanties si vous ne respectez pas la réglementation routière » est privée d’effet par la loi elle-même, sauf infraction d’une gravité particulière. La fiche officielle sur le contrôle technique des véhicules de catégorie L décrit, pour le défaut de contrôle, une amende forfaitaire de 135 euros pouvant aller jusqu’à 750 euros : elle ne mentionne ni peine d’emprisonnement, ni qualification de délit.

Un mot de prudence, parce que la nuance compte. Ce que nous décrivons ici, c’est le texte de l’article et ce que trois contrats en font. La qualification d’une infraction précise et l’effet exact d’une clause donnée dans un litige réel relèvent du juge, pas d’un article de blog. Si un assureur vous oppose un refus fondé sur le contrôle technique, demandez-lui par écrit la clause exacte sur laquelle il s’appuie, et faites lire la réponse à un professionnel du droit.

La rédaction de Simple Assurances n’est ni assureur ni courtier : nous ouvrons les documents publics et nous vous disons où regarder. Sur ce sujet, ne cherchez pas le mot « contrôle technique » dans votre contrat, vous ne le trouverez probablement pas, et son absence ne prouve rien à elle seule. Cherchez plutôt trois autres endroits. D’abord le chapitre « déclaration du risque en cours de contrat » : c’est là que figure la liste de ce que vous devez signaler. Ensuite l’article sur les sanctions en cas de fausse déclaration, qui renvoie aux articles L113-8 et L113-9 du code des assurances. Enfin les formalités après sinistre, où se trouve la liste des pièces à fournir. Ces trois passages, lus ensemble, disent bien plus sur votre exposition réelle que n’importe quelle page commerciale.

Le vrai risque : ce que le procès-verbal écrit à votre place

Voici le point que personne ne fait, et il est décisif. Le contrôle technique produit un document officiel qui décrit l’état de votre moto à une date donnée. La fiche officielle détaille ce que porte ce procès-verbal : le résultat, la limite de validité, l’identification du véhicule, le kilométrage relevé, et surtout « les défaillances et niveaux de gravité » avec les éventuels commentaires du contrôleur. Or les contrats vous imposent de déclarer certaines transformations, et le procès-verbal est précisément l’endroit où une transformation non déclarée devient écrite.

L’obligation vient de l’article L113-2 du code des assurances, qui impose à l’assuré de déclarer « en cours de contrat, les circonstances nouvelles qui ont pour conséquence soit d’aggraver les risques, soit d’en créer de nouveaux », dans un délai de quinze jours à partir du moment où il en a eu connaissance. Les contrats la déclinent en clair.

  • Les conditions générales Matmut demandent d’indiquer, en cours de contrat, « toutes les modifications ayant pour effet d’aggraver les risques garantis », et citent en premier lieu la « puissance, cylindrée, vitesse, source d’énergie du véhicule », puis « l’aménagement ou la transformation de la partie cycle pour les 2 ou 3 roues à moteur ».
  • Les conditions générales AXA listent, parmi les exemples de circonstances à déclarer sous quinze jours : « si vous réalisez des transformations sur votre véhicule ». Le même document définit l’aménagement en excluant expressément « les modifications visant à altérer la puissance et/ou la performance du véhicule ».
  • Les dispositions générales APRIL Moto rappellent que toute fausse déclaration ou omission portant sur « les circonstances nouvelles qui ont pour conséquences, soit d’aggraver les risques, soit d’en créer de nouveaux » entraîne l’application des sanctions du code des assurances.

Ces sanctions sont écrites dans les trois contrats et elles viennent de deux articles. L’article L113-8 prévoit la nullité du contrat, c’est-à-dire son anéantissement rétroactif, en cas de « réticence ou de fausse déclaration intentionnelle », et cela « alors même que le risque omis ou dénaturé par l’assuré a été sans influence sur le sinistre ». L’article L113-9 vise le cas où la mauvaise foi n’est pas établie : quand l’omission est constatée après un sinistre, « l’indemnité est réduite en proportion du taux des primes payées par rapport au taux des primes qui auraient été dues, si les risques avaient été complètement et exactement déclarés ». C’est la réduction proportionnelle d’indemnité : vous restez assuré, mais vous n’êtes remboursé qu’en partie.

Faites maintenant se rejoindre les deux bouts. Parmi les fonctions vérifiées lors du contrôle figurent les « feux, dispositifs réfléchissants et équipements électriques » et les « nuisances : pollution, niveau sonore ». Un échappement remplacé et un éclairage modifié tombent donc dans le champ du contrôle, et ils tombent aussi, selon la rédaction des contrats ci-dessus, dans le champ de ce qui doit être déclaré à l’assureur. Le contrôle technique ne crée pas cette exposition, il la met par écrit. Et les conditions générales Matmut demandent, parmi les pièces à transmettre au cours de la gestion d’un dossier de sinistre, « une copie du procès-verbal de contrôle technique ». Le document que vous redoutiez pour l’amende arrive alors sur le bureau du gestionnaire.

La victime sera indemnisée, et vous pouvez être celui qui rembourse

Il faut ici séparer deux étages de votre contrat, parce qu’ils ne réagissent pas du tout de la même façon. L’étage obligatoire est la responsabilité civile : elle paie les dommages que vous causez aux autres. Les étages facultatifs sont vos propres garanties, celles que vous avez choisies et payées en plus : vol, incendie, dommages tous accidents, garantie du conducteur.

Sur l’étage obligatoire, les trois contrats reproduisent le même mécanisme de protection des tiers. Les dispositions générales APRIL Moto écrivent que ne sont pas opposables aux victimes la nullité du contrat, les franchises, les déchéances, la réduction d’indemnité de l’article L113-9 et les exclusions prévues aux articles R211-10 et R211-11 du code des assurances. Puis vient la phrase qui doit vous arrêter : « Si vous êtes responsable, nous exercerons contre vous une action en remboursement des sommes ainsi avancées par nos soins. » Les conditions générales Matmut disent la même chose dans d’autres mots, en ajoutant qu’aucune déchéance fondée sur un manquement commis après le sinistre n’est opposable aux personnes lésées.

La conséquence pratique est brutale. L’article L211-7-1 du code des assurances prévoit que la nullité d’un contrat d’assurance automobile obligatoire n’est pas opposable aux victimes ni à leurs ayants droit, l’assureur devant les indemniser puis se retournant contre le responsable. La personne que vous blessez est donc indemnisée même si votre contrat est annulé. Ce n’est pas elle qui supporte le problème : c’est vous, si l’assureur exerce l’action en remboursement que son contrat prévoit. Nous ne citerons aucun montant, car il dépend entièrement du dommage causé et nous n’avons relevé aucun chiffre vérifiable sur ce point. Retenez seulement l’ordre des choses : l’amende de 135 euros porte sur le contrôle technique, l’action en remboursement porte sur ce que l’accident a coûté.

Karim, artisan près de Rennes, la quarantaine, roule tous les jours entre son atelier et ses chantiers.

J’ai reçu la convocation pour le contrôle technique en me disant que c’était une formalité de plus. Ma moto a un échappement que j’ai monté il y a des années, je n’y pensais même plus, tout le monde en a un dans mon garage. Le contrôleur me l’a pointé tout de suite, et c’est en rentrant que je me suis posé la vraie question, celle que je n’avais jamais posée : est-ce que mon assureur, lui, est au courant ? J’ai relu mon contrat pour la première fois depuis la signature. J’ai cherché « contrôle technique », je n’ai rien trouvé. Puis j’ai lu le paragraphe sur ce qu’il faut déclarer en cours de contrat, et j’ai compris que je regardais depuis le début au mauvais endroit.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Croire qu’une défaillance critique laisse deux mois pour rouler. Le délai de deux mois est celui dont vous disposez pour faire la contre-visite, pas une durée de validité. Après une défaillance critique, le contrôle n’est valable que le jour du contrôle.
  • Conclure de l’absence du mot « contrôle technique » dans son contrat qu’il n’y a aucun sujet. Le sujet est dans le chapitre de la déclaration du risque, pas dans une clause qui porterait ce nom.
  • Attendre le sinistre pour déclarer une transformation. Une déclaration spontanée relève de la vie normale du contrat et peut entraîner une révision de la cotisation. Une omission découverte après le sinistre relève des articles L113-8 et L113-9.
  • Penser que le problème se règle en réparant avant de déclarer. Le procès-verbal a déjà enregistré l’état du véhicule à la date du contrôle, kilométrage compris.
  • Confondre les deux étages du contrat. Une exception de garantie n’a jamais le même effet sur la victime, toujours indemnisée, et sur vous, qui pouvez faire l’objet d’une action en remboursement.

Questions fréquentes

Mon assureur peut-il refuser de m’indemniser parce que ma moto n’a pas de contrôle technique valide ?

Aucun des trois contrats que nous avons ouverts le 6 septembre 2026 ne prévoit ce refus, et le code des assurances ne le prévoit pas davantage dans les articles que nous avons lus. Au contraire, l’article L113-11 déclare nulles les clauses générales qui priveraient l’assuré de sa garantie pour violation des lois ou des règlements, sauf crime ou délit intentionnel. Cela ne vaut pas promesse : votre contrat est peut-être rédigé autrement, et seules ses conditions générales et particulières font foi. Demandez la clause par écrit avant d’accepter un refus.

Quand dois-je passer le premier contrôle technique de ma moto ?

Selon la fiche service-public.gouv.fr vérifiée le 1er janvier 2026 : en 2026 pour une moto immatriculée en 2020 ou 2021, au plus tard quatre mois après la date anniversaire de la première mise en circulation et dans la limite du 31 décembre 2026 ; dans les six mois précédant le cinquième anniversaire de la première mise en circulation pour une immatriculation de 2022 ou après. Les motos immatriculées en 2017, 2018 et 2019 devaient passer leur premier contrôle en 2025. Ensuite, l’article R323-27 du code de la route prévoit un renouvellement tous les trois ans.

Une défaillance mineure a-t-elle un effet sur mon assurance ?

Une défaillance mineure n’empêche pas un résultat favorable, valable trois ans, et n’oblige à aucune contre-visite. Nous n’avons trouvé, dans les trois contrats lus, aucune clause qui attache une conséquence à ce niveau de défaillance. Elle reste toutefois inscrite au procès-verbal, avec le reste de ce que le contrôleur a observé.

Dois-je envoyer mon procès-verbal de contrôle technique à mon assureur ?

Aucun des trois contrats lus ne l’exige spontanément, en dehors d’un sinistre. En revanche, les conditions générales Matmut le rangent parmi les pièces à transmettre au cours de la gestion d’un dossier de sinistre, quelle que soit la nature de celui-ci. La question utile n’est donc pas de savoir si vous devez l’envoyer, mais de savoir ce qu’il dira de votre moto le jour où vous devrez le fournir.

J’ai monté un échappement non homologué. Que faire maintenant ?

Deux sujets distincts se posent, et il vaut mieux les traiter séparément. Sur le plan du contrôle, la remise en conformité est la seule issue si la défaillance a été relevée. Sur le plan du contrat, l’article L113-2 du code des assurances impose de déclarer les circonstances nouvelles qui aggravent le risque, dans un délai de quinze jours à partir du moment où vous en avez connaissance. Nous ne pouvons pas vous dire ce que votre situation particulière appelle : posez la question à votre assureur ou à un conseiller, en décrivant précisément la modification.

Par où commencer

Prenez vingt minutes, votre contrat et votre dernier procès-verbal. Ouvrez le contrat au chapitre de la déclaration du risque en cours de contrat et lisez la liste des changements à signaler, ligne par ligne. Comparez-la à ce que votre moto a réellement subi depuis l’achat. Si un écart apparaît, il vaut mieux qu’il soit traité par une déclaration aujourd’hui, avec une éventuelle révision de la cotisation, que par une réduction d’indemnité après un accident.

Pour aller plus loin sur les mécanismes voisins, notre article sur les risques encourus après un accident de moto sans assurance détaille l’étage obligatoire du contrat, celui qui protège la victime. Notre guide sur la gestion d’un sinistre responsable en assurance moto décrit la mécanique de la déclaration, et celui sur une moto volée ou incendiée traite les garanties facultatives, celles qui couvrent votre propre machine. Enfin, si vous comparez des offres, notre comparatif entre deux assureurs spécialisés en grosse cylindrée montre comment lire deux jeux de garanties côte à côte.

Les exclusions de garantie évoquées dans cet article ne sont pas exhaustives : chaque contrat a les siennes, et les trois documents lus en comportent beaucoup d’autres que celles citées ici.

Les plafonds de garantie, c’est-à-dire les montants maximum remboursés, ainsi que les franchises, la somme qui reste à votre charge avant remboursement, varient d’un contrat à l’autre et d’une formule à l’autre. Nous n’en avons relevé aucun ici.

Seules les conditions générales et particulières du contrat que vous avez souscrit font foi. Informations non contractuelles, vérifiées le 6 septembre 2026, à confirmer auprès de votre assureur ou d’un conseiller avant toute décision.

Sources et mentions

  • Code de la route, article R323-27 (contrôle technique des véhicules motorisés à deux ou trois roues et quadricycles à moteur : six mois précédant l’expiration d’un délai de cinq ans, renouvellement tous les trois ans, cas des véhicules de collection et des mutations), version en vigueur depuis le 25 octobre 2023. Légifrance, consulté le 6 septembre 2026.
  • Code de la route, article L323-1 (agrément des contrôleurs et des installations, frais de contrôle à la charge du propriétaire), version en vigueur depuis le 26 décembre 2021. Légifrance, consulté le 6 septembre 2026.
  • Code des assurances, article L113-1 (prise en charge des pertes et dommages sauf exclusion formelle et limitée contenue dans la police, faute intentionnelle ou dolosive). Légifrance, consulté le 6 septembre 2026.
  • Code des assurances, article L113-2 (obligations de l’assuré, déclaration des circonstances nouvelles aggravant le risque dans un délai de quinze jours, déclaration de sinistre). Légifrance, consulté le 6 septembre 2026.
  • Code des assurances, article L113-8 (nullité du contrat en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle, même sans influence sur le sinistre). Légifrance, consulté le 6 septembre 2026.
  • Code des assurances, article L113-9 (omission ou déclaration inexacte sans mauvaise foi établie, réduction proportionnelle de l’indemnité lorsque la constatation a lieu après sinistre). Légifrance, consulté le 6 septembre 2026.
  • Code des assurances, article L113-11 (nullité des clauses générales de déchéance pour violation des lois ou des règlements, sauf crime ou délit intentionnel), version en vigueur depuis le 1er juillet 2021. Légifrance, consulté le 6 septembre 2026.
  • Code des assurances, article L211-7-1 (la nullité du contrat d’assurance automobile obligatoire n’est pas opposable aux victimes ni à leurs ayants droit, l’assureur qui les indemnise disposant d’un recours contre le responsable), version en vigueur depuis le 24 mai 2019. Légifrance, consulté le 6 septembre 2026.
  • Service Public, fiche « Contrôle technique d’un 2, 3 roues ou quadricycle à moteur (catégorie L) », vérifiée le 1er janvier 2026 (calendrier du premier contrôle, 80 points contrôlés, niveaux de défaillance, durées de validité, contre-visite, amende de 135 euros pouvant aller jusqu’à 750 euros, immobilisation et fourrière). service-public.gouv.fr, consulté le 6 septembre 2026.
  • APRIL Moto, dispositions générales Moto et scooter, réf. DG APRIL Moto – Moto et scooter – V0425, 52 pages (protection juridique, déclarations en cours de contrat, sanctions en cas de fausses déclarations, sauvegarde des droits des tiers victimes et action en remboursement). Document PDF, consulté le 6 septembre 2026.
  • APRIL Moto, document d’information sur le produit d’assurance Moto et scooter, 2 pages. Document PDF, consulté le 6 septembre 2026.
  • Matmut, contrat d’assurance multirisques 2R Rider, conditions générales, 114 pages, sans référence de version imprimée (modifications à déclarer en cours de contrat, sanctions des articles L113-8 et L113-9, formalités après sinistre et pièces à transmettre, préservation des droits des victimes). Document PDF, consulté le 6 septembre 2026.
  • AXA, conditions générales Assurance Ma Moto – Mon Cyclo, réf. 981029 B, janvier 2026, 80 pages (qualité d’assuré, protection juridique, déclaration des transformations du véhicule, reproduction de l’article L113-8). Document PDF, consulté le 6 septembre 2026.
  • AXA, document d’information sur le produit d’assurance Ma Moto – Mon Cyclo, 2 pages. Document PDF, consulté le 6 septembre 2026.
  • Les cinq documents contractuels ci-dessus ont été téléchargés le 6 septembre 2026 depuis les sites de leurs distributeurs, sans devis ni souscription. Aucun tarif n’a été relevé et aucun classement n’est établi entre ces contrats. La rédaction de Simple Assurances n’est ni assureur ni courtier, et n’entretient aucun lien commercial avec les assureurs cités.

Image a la une : Msaidi Art sur Pexels.