Publié le 9 septembre 2026. Sources vérifiées le 5 septembre 2026.
Vous déclarez un logement, l’assureur calcule un prix, vous payez. Le jour d’un dégât des eaux ou d’un incendie, un expert compare ce que vous avez déclaré à ce qu’il constate. Si l’écart lui paraît suffisant, votre indemnité peut être réduite alors même que la garantie fonctionne. Ce mécanisme porte un nom que presque personne ne connaît avant de le subir : la règle proportionnelle. Il en existe deux, elles ne se déclenchent pas pour les mêmes raisons, elles ne se calculent pas de la même façon, et l’une d’elles est écartée par une partie des contrats. Voici comment savoir laquelle vous concerne, en ouvrant vos propres documents.
Deux règles portent presque le même nom. La règle proportionnelle de capitaux (article L121-5 du code des assurances) réduit l’indemnité quand la valeur de vos biens dépasse la somme garantie. La règle proportionnelle de prime (article L113-9) la réduit quand votre déclaration de risque était incomplète, le plus souvent sur le nombre de pièces.
Sur les cinq contrats grand public que nous avons ouverts le 5 septembre 2026, deux renoncent par écrit à la première et les trois autres n’en disent rien. Ce n’est pas la même chose : le texte s’applique sauf convention contraire, donc le silence du contrat le laisse jouer. Les cinq, en revanche, rappellent la seconde.
Deux règles, deux déclencheurs, deux calculs
Commençons par le vocabulaire, parce que la confusion entre les deux textes est la source de la plupart des mauvaises surprises. Un sinistre, c’est l’événement (dégât des eaux, incendie, vol) qui déclenche votre demande de remboursement. Une garantie, c’est ce que l’assureur s’engage précisément à couvrir, et rien d’autre.
La règle proportionnelle de capitaux : article L121-5
Le texte tient en une phrase : « S’il résulte des estimations que la valeur de la chose assurée excède au jour du sinistre la somme garantie, l’assuré est considéré comme restant son propre assureur pour l’excédent, et supporte, en conséquence, une part proportionnelle du dommage, sauf convention contraire. » Vous êtes traité comme votre propre assureur pour la part que vous n’avez pas assurée, et vous supportez donc la même proportion sur chaque sinistre, même partiel.
Retenez les trois derniers mots : sauf convention contraire. Cette règle n’est pas d’ordre public. Un contrat a parfaitement le droit d’y renoncer, et c’est exactement ce que font certains contrats d’habitation. C’est la première chose à chercher dans vos conditions générales, ce document qui décrit le contrat type, par opposition aux conditions particulières qui portent votre situation personnelle.
La règle proportionnelle de prime : article L113-9
Celle-ci ne parle pas de la valeur de vos biens, mais de votre déclaration. Quand une omission ou une déclaration inexacte de votre part, sans mauvaise foi établie, est découverte seulement après un sinistre, le texte prévoit que « l’indemnité est réduite en proportion du taux des primes payées par rapport au taux des primes qui auraient été dues, si les risques avaient été complètement et exactement déclarés ». La prime, c’est le prix de votre contrat, que la plupart des assureurs appellent cotisation.
La différence de calcul est décisive et presque toujours mal comprise. La première règle raisonne en valeurs : somme garantie divisée par valeur réelle. La seconde raisonne en tarif : cotisation payée divisée par cotisation qui aurait été due. Déclarer quatre pièces au lieu de cinq ne réduit donc pas votre indemnité d’un cinquième. Elle la réduit du rapport entre deux prix, que seul l’assureur peut établir à partir de sa propre grille. Ce chiffre, vous êtes en droit de le lui demander par écrit.
| Ce qui les distingue | Règle de capitaux (L121-5) | Règle de prime (L113-9) |
|---|---|---|
| Ce qui la déclenche | La valeur réelle de vos biens dépasse la somme garantie | Votre déclaration de risque était incomplète ou inexacte |
| Le rapport appliqué | Somme garantie / valeur réelle au jour du sinistre | Cotisation payée / cotisation qui aurait été due |
| Qui détient le chiffre | L’expert, qui estime la valeur de vos biens | L’assureur, seul à connaître sa grille tarifaire |
| Le contrat peut-il l’écarter | Oui, le texte dit « sauf convention contraire » | Non, aucun des cinq contrats lus ne l’écarte à votre profit |
| Votre bonne foi change-t-elle quelque chose | Sans objet, la règle est automatique | Oui : sans bonne foi, c’est la nullité de l’article L113-8 |
Ce que disent réellement cinq contrats d’habitation
Un article sur un mécanisme contractuel qui ne montre aucun contrat ne sert à rien. Nous avons donc ouvert cinq conditions générales d’assurance habitation, toutes librement téléchargeables au format PDF sur le site de leur émetteur, et cherché dans chacune ce qu’elles disent de la règle de capitaux.
Comment ce relevé a été fait. Cinq documents publics, téléchargés le 5 septembre 2026 : AXA Ma Maison (conditions générales d’octobre 2025, réf. 970464O), PRO BTP Contrat Habitation (2026, réf. 15622-01/26), PRO BTP Contrat Résidence (2026, réf. 15672-01/26), MFA Habitation (janvier 2024) et Société Générale Assurance Habitation (réf. D 190 315, 01/2024).
Critère unique recherché dans le texte intégral de chaque document : les expressions « règle proportionnelle de capitaux », « règle proportionnelle des capitaux » et « L. 121-5 », puis la définition de la pièce principale. Les liens de téléchargement figurent dans les sources.
Ce que ce relevé ne dit pas : il ne mesure pas le marché. Cinq contrats ne sont pas un échantillon représentatif, et une formule différente du même assureur peut prévoir autre chose. Il montre ce que ce type de clause contient réellement, pas ce que font tous les assureurs.
Deux contrats écartent la règle noir sur blanc. PRO BTP, dans son Contrat Résidence 2026, écrit : « Nous renonçons à l’application de la règle proportionnelle de capitaux prévue par le code des assurances lorsque, au jour du sinistre, la valeur de votre mobilier excède le capital garanti. » AXA, dans les conditions générales Ma Maison d’octobre 2025, va jusqu’à nommer l’article : « Le Code des assurances prévoit une sanction à l’article L. 121-5, la règle proportionnelle des capitaux, lorsque les capitaux déclarés à l’assureur se révèlent inférieurs à la valeur constatée au moment du sinistre. Cette sanction prévoyant une réduction de l’indemnisation versée en cas de sinistre ne s’applique pas à votre contrat. »
Les trois autres ne mentionnent la règle de capitaux nulle part, et ce silence n’est pas une protection. L’article L121-5 s’applique « sauf convention contraire » : sans clause qui l’écarte, il joue. Ces trois contrats garantissent le mobilier à concurrence d’un montant porté aux conditions particulières, que MFA appelle d’ailleurs explicitement le capital mobilier. Les cinq documents, en revanche, reproduisent ou résument la sanction de l’article L113-9. MFA lui consacre même une entrée de lexique intitulée « Réduction des indemnités ou Règle proportionnelle de Cotisation ».
Un détail des conditions générales de Société Générale mérite d’être lu deux fois. Le contrat renonce bien aux sanctions des articles L113-8 et L113-9, mais uniquement à l’égard du créancier hypothécaire, c’est-à-dire la banque qui a financé le logement. Le texte ajoute : « Vous ne bénéficierez pas personnellement de cette renonciation. » La protection existe, elle n’est simplement pas pour vous.
Le calcul, chiffres en main
Prenons un cas volontairement simple, avec des montants choisis pour la démonstration et non relevés sur le marché. Votre contrat garantit votre mobilier à hauteur de 30 000 euros. Un expert estime au jour du sinistre que vos biens valent en réalité 60 000 euros. Vous êtes sous-assuré de moitié. Rappelons au passage la borne haute posée par l’article L121-1 : l’assurance de biens est un contrat d’indemnité, et l’indemnité « ne peut pas dépasser le montant de la valeur de la chose assurée au moment du sinistre ». Personne ne gagne d’argent sur un sinistre.
Un dégât des eaux détruit pour 12 000 euros de mobilier. Si la règle de capitaux s’applique, l’indemnité devient 12 000 multiplié par 30 000 divisé par 60 000, soit 6 000 euros, dont il faut encore retirer la franchise, la somme qui reste à votre charge avant que l’assurance ne rembourse le reste. La moitié du dommage est pour vous, alors que vous n’avez rien mal déclaré et que le plafond de garantie, le montant maximum remboursable, était très loin d’être atteint.
Si votre contrat a renoncé à cette règle, vous touchez les 12 000 euros, franchise déduite. Voilà pourquoi la clause de renonciation vaut d’être cherchée : elle ne joue pas à la marge, elle double l’indemnité dans cet exemple.
| Votre situation | Contrat qui renonce à la règle de capitaux | Contrat qui n’en dit rien |
|---|---|---|
| Sinistre partiel de 12 000 € | Couvert 12 000 €, franchise déduite | Sous conditions 6 000 €, soit le dommage multiplié par 30 000 / 60 000 |
| Sinistre total, 60 000 € de mobilier détruit | Sous conditions 30 000 €, plafonné au capital garanti | Sous conditions 30 000 €, plafonné au capital garanti |
| La part au-delà du capital garanti | Exclu jamais indemnisée | Exclu jamais indemnisée |
Lisez la deuxième ligne du tableau attentivement, parce que c’est le point que les articles sur le sujet omettent presque toujours. La renonciation à la règle de capitaux ne vous rend rien le jour où vous perdez tout. Elle vous protège sur les sinistres partiels, qui sont les plus fréquents, et elle ne change strictement rien sur un sinistre total : le capital garanti reste un plafond, et un plafond sous-évalué reste sous-évalué. AXA commercialise d’ailleurs, en option à souscrire expressément, une garantie versant un capital supplémentaire de 10 000 euros par pièce déclarée, dans la limite de 80 000 euros, quand le capital mobilier déclaré ne suffit pas à couvrir les dommages d’un incendie, d’un événement climatique ou d’une catastrophe naturelle. L’existence même de cette option dit à quel point la sous-estimation du capital est banale.
La règle de prime, elle, se calcule autrement. Si vous avez déclaré quatre pièces et que le contrat en compte cinq, la réduction n’est pas de 20 %. Elle vaut un moins le rapport entre la cotisation que vous avez payée et celle qui aurait été due pour cinq pièces. Nous n’avons trouvé aucune grille tarifaire publique permettant de chiffrer ce rapport, et nous ne l’inventerons pas : c’est une donnée interne à chaque assureur. Retenez seulement que réduire une indemnité de moitié par ce chemin supposerait une cotisation due deux fois supérieure à celle payée, ce qu’une pièce d’écart produit rarement. Exigez le calcul.
Le décompte des pièces, la vraie zone de risque
Puisque la règle qui menace réellement un contrat d’habitation est celle de la déclaration, allons voir la donnée que vous déclarez. Les cinq contrats du relevé définissent la pièce principale, et aucun ne la définit exactement comme un autre. Le seuil au-delà duquel une seule pièce en compte plusieurs varie, et le sort des mezzanines, vérandas et cuisines ouvertes varie encore davantage.
| Contrat | Une pièce en compte plusieurs au-delà de | Autres particularités du décompte |
|---|---|---|
| AXA Ma Maison, octobre 2025 | 40 m², chaque tranche de 40 m² compte pour une pièce (exemple donné par le contrat : 50 m² valent 2 pièces) | Une pièce compte de 9 à 40 m². Les vérandas sont des pièces principales. La surface d’une mezzanine s’ajoute à celle de la pièce où elle se trouve. Sur une pièce à cuisine ouverte, 9 m² sont retranchés. Seules les parties de plus de 1,80 m sous plafond comptent. |
| MFA Habitation, janvier 2024 | 35 m², autant de pièces que de tranches de 35 m² | Une pièce compte au-delà de 9 m². La mezzanine ouverte n’est pas une pièce principale. La véranda non plus, mais elle doit être déclarée. |
| Société Générale, réf. D 190 315, 01/2024 | 40 m² pour 2 pièces, 80 m² pour 3 pièces | Toute pièce de 8 m² ou moins est une pièce annexe. Véranda et mezzanine de plus de 8 m² sont des pièces principales. La surface de la cuisine américaine n’entre pas dans le calcul. |
| PRO BTP Contrat Habitation, 2026 | 40 m² pour 2 pièces, 60 m² pour 3, puis une de plus par tranche de 20 m² | La pièce où est aménagée une cuisine américaine compte comme salle à manger. Les pièces principales aménagées en mezzanine, grenier, combles, sous-sol ou dépendance comptent aussi. |
| PRO BTP Contrat Résidence, 2026 | Même progression que le Contrat Habitation | La cuisine est une pièce principale, mais la cuisine américaine ne compte pas, sauf dans un studio. Un studio est toujours tarifé pour deux pièces. |
Prenez une mezzanine de 10 mètres carrés et faites-la voyager d’un contrat à l’autre. Chez Société Générale, c’est une pièce principale de plein droit. Chez MFA, si elle est ouverte, ce n’en est pas une. Chez AXA, elle n’est pas comptée à part, mais sa surface s’ajoute à celle de la pièce qui l’abrite, ce qui peut faire basculer cette pièce au-delà des 40 mètres carrés. Chez PRO BTP, une pièce principale aménagée dans une mezzanine se compte. Quatre documents, quatre réponses, et aucune n’est plus juste que les autres : elles sont contractuelles.
La cuisine ouverte sur le séjour est encore plus parlante, parce que la contradiction est interne à un même assureur. Le Contrat Habitation de PRO BTP énonce que « la pièce dans laquelle elle est aménagée est assimilée à une salle à manger qui doit être comptée comme une pièce principale ». Le Contrat Résidence du même PRO BTP écrit l’inverse : la cuisine américaine « ne doit pas être comptée comme pièce sauf s’il s’agit d’un studio ». Société Générale, de son côté, ne compte pas sa surface, et AXA en retranche neuf mètres carrés. Il n’existe donc aucune bonne réponse générale à la question « est-ce que ma cuisine américaine compte », seulement la réponse de votre contrat.
Un dernier cas mérite votre attention parce qu’il est mal tranché. MFA est le seul contrat du relevé dont le seuil est à 35 mètres carrés, et son texte parle de « tranches de 35 m² » sans dire si une fraction de tranche compte. Un séjour de 38 mètres carrés fait-il une ou deux pièces chez lui ? Le document ne le dit pas. C’est exactement le genre de question à poser par écrit avant de signer, et à conserver avec sa réponse.
Ce point rejoint une obligation que vous avez en cours de contrat, et pas seulement à la signature. Aménager des combles, transformer un garage en atelier ou fermer une véranda peut modifier le décompte. L’article L113-2 du code des assurances vous impose de déclarer à votre assureur, dans un délai de quinze jours à compter du moment où vous en avez connaissance, les circonstances nouvelles qui aggravent le risque ou en créent de nouveaux. Notre guide sur l’assurance habitation pour propriétaire et locataire détaille les obligations respectives de chacun, et notre article sur qui est concerné par l’obligation d’assurance habitation précise qui doit souscrire quoi.
Karim, 44 ans, artisan près de Rennes, occupe un pavillon avec garage et a aménagé ses combles il y a deux ans.
J’ai monté un bureau dans les combles pour faire mes devis au calme, avec du placo, une fenêtre de toit et un radiateur. Dans ma tête, ça restait des combles, pas une pièce. C’est en relisant mes conditions générales pour une autre raison que je suis tombé sur la ligne qui dit qu’une pièce principale aménagée dans les combles se compte. J’ai fait le total de mes pièces à la main, et je n’arrivais pas au chiffre inscrit sur mon contrat. J’ai envoyé un mail à mon assureur avec le détail pièce par pièce et la surface de chacune, en lui demandant de me confirmer le décompte par écrit.
La sous-assurance n’est pas automatique : ce que l’assureur doit prouver
Voici la partie que l’on vous dit rarement. Un assureur qui découvre après un sinistre que votre décompte de pièces était faux ne peut pas appliquer la réduction sur simple constat. Il doit démontrer qu’il vous a posé une question précise.
Le fondement est à l’article L112-3 du code des assurances, dont l’alinéa 4 dispose : « Lorsque, avant la conclusion du contrat, l’assureur a posé des questions par écrit à l’assuré, notamment par un formulaire de déclaration du risque ou par tout autre moyen, il ne peut se prévaloir du fait qu’une question exprimée en termes généraux n’a reçu qu’une réponse imprécise. » Une question vague ne fonde pas une sanction précise.
Le Médiateur de l’Assurance a publié le 28 décembre 2021 une étude de cas qui applique ce raisonnement exactement à notre sujet. Un assuré avait déclaré un nombre de pièces sans savoir qu’une pièce de plus de 40 mètres carrés en comptait deux selon les conditions générales. L’assureur avait opposé une fausse déclaration non intentionnelle et appliqué la règle de l’article L113-9. Le Médiateur, s’appuyant sur deux arrêts de la deuxième chambre civile de la Cour de cassation qu’il cite (17 novembre 2016, n° 15-24.819, et 29 juin 2017, n° 16-18.975), rappelle que l’assureur devait démontrer qu’une question précise, visant et définissant la notion de pièce principale, avait bien été posée. Les dispositions contractuelles n’ayant pas été remises au moment de la déclaration du risque, cette preuve n’était pas rapportée. Conclusion du document : « le Médiateur a invité l’assureur à indemniser intégralement l’assuré, sans application de la règle proportionnelle ».
- Une définition de la pièce principale insérée dans vos conditions particulières ferme la discussion en faveur de l’assureur, selon le document du Médiateur.
- Une mention expresse renvoyant aux conditions générales qui contiennent cette définition produit le même effet.
- Une question posée en termes généraux, sans définition ni renvoi, laisse la place à la contestation.
- Conservez le questionnaire, les conditions particulières et la date à laquelle les conditions générales vous ont été remises : ce sont les pièces de cette discussion.
La voie de recours existe et elle est gratuite. Dans son communiqué du 2 septembre 2025 accompagnant son rapport annuel, la Médiation de l’Assurance indique que les contrats multirisques habitation représentaient 31 % des saisines en assurance de dommages en 2024, et que les assurés ont obtenu satisfaction, en tout ou partie, dans 55 % des cas cette année-là. Ce dernier chiffre porte sur l’ensemble des dossiers, tous produits confondus, et non sur les seuls litiges de décompte de pièces : il ne préjuge en rien de l’issue d’une réclamation particulière.
La rédaction de Simple Assurances n’est ni assureur ni courtier : nous lisons les documents publics et nous vous disons quoi y chercher. Sur ce sujet, la clause qui décide de tout n’est pas celle que l’on croit. Cherchez d’abord dans vos conditions générales le mot « capitaux » à côté de « proportionnelle » : si votre contrat y renonce, une bonne partie du risque tombe, mais seulement sur les sinistres partiels. Cherchez ensuite la définition de la pièce principale, et recomptez vos pièces avec elle plutôt qu’avec le sens commun. Si votre décompte ne tombe pas sur le chiffre de vos conditions particulières, écrivez à votre assureur avant tout sinistre : une régularisation en cours de contrat coûte une cotisation ajustée, une régularisation après sinistre coûte une part de votre indemnité.
Les six points à retrouver dans vos documents
Sortez vos conditions générales et vos conditions particulières, puis notez en face de chaque ligne ce que vos documents en disent. Une exclusion de garantie est un cas que le contrat ne couvre jamais ; un plafond est un montant maximum remboursé même si les dégâts dépassent. Les deux se lisent au même endroit.
| Ce que vous cherchez | Dans quel document | Ce que cela change |
|---|---|---|
| Une clause de renonciation à la règle proportionnelle de capitaux | Conditions générales, partie indemnisation | Détermine si un sinistre partiel est réduit ou payé en entier |
| La définition de la pièce principale | Conditions générales, lexique ou définitions | Fixe le seuil de surface et le sort des mezzanines, vérandas et combles |
| Le nombre de pièces retenu pour vous | Conditions particulières | C’est le chiffre que l’assureur comparera à la réalité après un sinistre |
| Le capital mobilier ou le montant de garantie du mobilier | Conditions particulières | Fixe le plafond au-delà duquel rien n’est indemnisé |
| Le rappel des articles L113-8 et L113-9 | Conditions générales, obligations de l’assuré | Décrit la sanction encourue et distingue bonne et mauvaise foi |
| La clause d’indexation des sommes assurées | Conditions générales et avis d’échéance | Dit si votre capital suit l’évolution des prix ou reste figé au montant signé |
La dernière ligne mérite une précision, parce qu’elle explique comment on devient sous-assuré sans rien faire. PRO BTP indexe cotisation et sommes assurées sur l’indice des prix à la consommation de l’ensemble des ménages hors tabac publié par l’INSEE, base 100 en 2015, et les modifie à chaque échéance. Un contrat qui ne prévoit rien de tel laisse votre capital figé au montant du jour de la signature, pendant que le coût de remplacement de vos biens, lui, bouge. La sous-assurance se creuse alors toute seule, année après année, sans qu’aucune fausse déclaration ne vous soit reprochable.
Erreurs fréquentes à éviter
- Croire que la règle proportionnelle de capitaux s’applique forcément : elle est écartée par certains contrats, et le texte lui-même le permet.
- Croire l’inverse, et penser qu’une renonciation vous met à l’abri sur un sinistre total : le capital garanti reste un plafond.
- Compter ses pièces au sens commun plutôt qu’avec la définition écrite dans ses propres conditions générales.
- Oublier de signaler un aménagement (combles, garage transformé, véranda fermée) qui modifie le décompte en cours de contrat.
- Supposer qu’une réduction annoncée par l’assureur est proportionnelle au nombre de pièces manquantes : elle se calcule sur un rapport de cotisations, à demander par écrit.
- Accepter une réduction sans vérifier si l’assureur peut prouver qu’il a posé une question précise sur la notion de pièce principale.
Questions fréquentes
Mon indemnité peut-elle vraiment être réduite de moitié ?
Par la règle de capitaux, oui, arithmétiquement : un capital garanti égal à la moitié de la valeur réelle donne une indemnité égale à la moitié du dommage, franchise déduite. Par la règle de prime, cela supposerait une cotisation due deux fois supérieure à celle payée, ce qui est bien plus rare. Encore faut-il, dans les deux cas, que la règle concernée s’applique à votre contrat.
Comment savoir si mon contrat renonce à la règle de capitaux ?
Ouvrez le PDF de vos conditions générales et cherchez « proportionnelle », puis « L. 121-5 ». Trois réponses sont possibles : le contrat y renonce expressément, le contrat n’en parle pas, ou le contrat la prévoit. Dans le doute, posez la question par écrit à votre assureur et conservez sa réponse.
Une pièce de plus de 40 mètres carrés compte-t-elle toujours double ?
Non. Sur les cinq contrats que nous avons lus, le seuil est de 35 mètres carrés chez MFA et de 40 mètres carrés chez les quatre autres, avec des progressions différentes au-delà : chez AXA chaque tranche de 40 mètres carrés ajoute une pièce, chez Société Générale il faut dépasser 80 mètres carrés pour en compter trois. Il n’existe pas de règle légale sur ce point : c’est une définition contractuelle, propre à chaque contrat.
Que faire si mon assureur applique une réduction que je conteste ?
Demandez d’abord par écrit le fondement retenu (article L121-5 ou L113-9), le calcul détaillé, et la copie du questionnaire de déclaration du risque que vous avez rempli. Si la réponse ne vous satisfait pas, adressez une réclamation au service dédié de l’assureur, puis, à défaut d’accord, saisissez gratuitement la Médiation de l’Assurance. Chaque situation étant différente, un conseiller ou un avocat reste le bon interlocuteur pour votre dossier.
Par où commencer
Faites-le dans cet ordre, cela prend une demi-heure. Ouvrez vos conditions particulières et relevez le nombre de pièces déclaré, ainsi que le capital mobilier s’il y en a un. Ouvrez vos conditions générales et lisez la définition de la pièce principale. Recomptez vos pièces avec cette définition, mètre en main pour celles qui approchent du seuil. Si les deux chiffres coïncident, classez le tout et n’y pensez plus. S’ils diffèrent, écrivez à votre assureur avant qu’un sinistre ne pose la question à votre place.
Si vous vivez en copropriété, le partage entre ce que couvre l’immeuble et ce que couvre votre contrat ajoute une couche : notre article sur la différence entre parties communes et parties privatives précise qui assure quoi.
Les exclusions de garantie évoquées dans cet article ne sont pas exhaustives : chaque contrat a les siennes.
Les plafonds de garantie, les franchises, les seuils de surface et les définitions de la pièce principale varient d’un contrat à l’autre, y compris chez un même assureur selon la formule souscrite et la version des conditions générales.
Seules les conditions générales et particulières du contrat que vous avez souscrit font foi. Informations non contractuelles, vérifiées le 5 septembre 2026, à confirmer auprès de votre assureur ou d’un conseiller avant toute décision.
Sources et mentions
- Code des assurances, article L121-5 (règle proportionnelle de capitaux, « sauf convention contraire »). Légifrance, consulté le 5 septembre 2026.
- Code des assurances, article L113-9 (réduction de l’indemnité en proportion des primes, en l’absence de mauvaise foi établie). Légifrance, consulté le 5 septembre 2026.
- Code des assurances, article L113-8 (nullité du contrat en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle). Légifrance, consulté le 5 septembre 2026.
- Code des assurances, article L121-1 (contrat d’indemnité, valeur de la chose au moment du sinistre). Légifrance, consulté le 5 septembre 2026.
- Code des assurances, article L112-3, alinéa 4 (question exprimée en termes généraux et réponse imprécise). Légifrance, consulté le 5 septembre 2026.
- Code des assurances, article L113-2 (obligations de déclaration de l’assuré). Légifrance, consulté le 5 septembre 2026.
- AXA, conditions générales Ma Maison, octobre 2025, réf. 970464O (non-application de l’article L. 121-5, capitaux mobiliers déclarés, garantie optionnelle de capital supplémentaire). Document PDF, consulté le 5 septembre 2026.
- PRO BTP, conditions générales Contrat Résidence 2026, réf. 15672-01/26 (renonciation à la règle proportionnelle de capitaux). Document PDF, consulté le 5 septembre 2026.
- PRO BTP, conditions générales Contrat Habitation 2026, réf. 15622-01/26 (décompte des pièces principales, sanctions des articles L113-8 et L113-9, indexation sur l’indice INSEE). Document PDF, consulté le 5 septembre 2026.
- MFA, conditions générales MFA Habitation, janvier 2024 (définition de la pièce principale, règle proportionnelle de cotisation). Document PDF, consulté le 5 septembre 2026.
- Société Générale, conditions générales Assurance Habitation, réf. D 190 315, 01/2024 (définition de la pièce principale, renonciation limitée au créancier hypothécaire). Document PDF, consulté le 5 septembre 2026.
- Médiation de l’Assurance, étude de cas « Non-conformité du risque en assurance habitation : le décompte des pièces », 28 décembre 2021, par Tiphaine Guiot. Page de l’étude et document PDF, consultés le 5 septembre 2026.
- Médiation de l’Assurance, communiqué de presse accompagnant le rapport annuel 2024, 2 septembre 2025 (31 % des saisines en assurance de dommages, 55 % d’issues favorables en tout ou partie). Document PDF, consulté le 5 septembre 2026.
Image a la une : Hello Pipcke sur Pexels.





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