Une femme âgée relit des documents de cotisation à la table de sa cuisine, une calculatrice posée devant elle

Prix d’une mutuelle par âge : les chiffres publics et leur date

Résumé IA

Publié le 19 septembre 2026. Sources vérifiées le 13 septembre 2026.

Une complémentaire santé coûte en moyenne 36,31 euros par mois à 20 ans et 140,09 euros à 85 ans. Ces deux montants sont publics : ils viennent de la DREES, le service statistique des ministères sociaux, et ils portent sur l’année 2023, dernière année mesurée. Ce n’est donc pas un tarif 2026, et ce n’est pas un devis. La plupart des tableaux de prix par âge disponibles ailleurs proviennent de bases de devis privées, sans année affichée ni profil défini. Vous trouverez ici les chiffres, leur millésime, le profil exact auquel ils s’appliquent, et par conséquent ce qu’ils ne peuvent pas vous dire sur votre propre cotisation.

En 2023, la prime mensuelle moyenne d’un contrat individuel, c’est-à-dire la cotisation demandée chaque mois, s’élève à 36,31 € à 20 ans, 61,67 € à 40 ans, 93,97 € à 60 ans, 122,59 € à 75 ans et 140,09 € à 85 ans, soit un rapport de 3,9 entre les deux extrémités. Sur un contrat collectif d’entreprise, elle est de 74,68 € quel que soit l’âge, part employeur comprise.

Ces montants sont des tarifs types calculés pour un profil de référence précis, pas des prix réellement payés, et ils datent de 2023 : la prochaine mesure portera sur 2025. Pour 2026, l’article 13 de la loi de financement de la sécurité sociale interdit d’augmenter les cotisations par rapport à 2025. Repères en vigueur au 13 septembre 2026.

Ce que coûte une complémentaire à chaque âge, d’après la dernière mesure publique

La DREES interroge tous les deux ans les organismes qui vendent des complémentaires santé et publie la prime qu’ils demandent à un assuré type, à six âges précis. C’est la seule mesure de prix par âge produite par une institution publique, et voici son dernier état.

Âge de l’assuré de référence201920212023
20 ans, contrat individuel35,78 €33,31 €36,31 €
40 ans, contrat individuel59,56 €58,46 €61,67 €
60 ans, contrat individuel87,92 €92,04 €93,97 €
65 ans, contrat individuel95,71 €102,63 €100,37 €
75 ans, contrat individuel117,50 €125,56 €122,59 €
85 ans, contrat individuel133,12 €143,10 €140,09 €
Contrat collectif d’entreprise, à tout âge66,20 €68,35 €74,68 €
Primes mensuelles moyennes toutes taxes comprises, en euros. Source : DREES, enquête auprès des organismes offrant des couvertures complémentaires santé, jeu de données retraité le 20 janvier 2026. Année des données : 2019, 2021 et 2023. Relevé le 13 septembre 2026. La colonne 2023 est la donnée la plus récente qui existe sur source publique.

Deux lectures sortent de ce tableau, et aucune n’est celle qu’on attend. Le saut le plus brutal ne se produit pas au grand âge : entre 20 et 60 ans, la prime est multipliée par 2,6, alors qu’entre 60 et 85 ans elle n’est plus multipliée que par 1,5. Et le contrat collectif d’entreprise ignore complètement l’âge, à 74,68 euros pour tout le monde.

Une précision de date s’impose avant toute utilisation de ces montants. L’enquête a lieu tous les deux ans : les valeurs 2023 ont été diffusées en septembre 2025 et retraitées en janvier 2026, et la prochaine vague portera sur l’année 2025. Il n’existe donc, au 13 septembre 2026, aucune prime moyenne publique pour 2024, 2025 ou 2026. Tout tableau qui en affiche une ne la tient pas d’une source publique.

Pourquoi ce tableau n’est pas votre devis

C’est le point que presque aucune page de prix ne précise, et c’est pourtant lui qui décide si le chiffre vous concerne. La DREES ne calcule pas une moyenne des cotisations réellement encaissées : elle demande aux organismes le tarif affiché pour une personne définie à l’avance, toujours la même, qu’elle appelle l’assuré de référence.

Ce que mesure exactement le chiffre par âge.

Source : DREES, enquête auprès des organismes complémentaires, jeu de données public. Année des données : 2023, diffusée en septembre 2025. Nature : tarif demandé, pas cotisation encaissée.

Profil type retenu : une personne vivant seule et sans enfant, rattachée au régime général, travaillant à temps plein, placée dans la tranche de revenus la plus faible de la grille de l’organisme et résidant dans la zone géographique où les cotisations sont les plus élevées. Montants toutes taxes comprises.

Ce que la source dit elle-même : « Les montants de primes décrits dans cette fiche ne correspondent pas aux montants effectivement versés » (DREES, panorama La complémentaire santé, édition 2024, fiche 11).

Ce que le chiffre ne dit pas : ni votre niveau de garanties, ni votre région, ni votre situation familiale, ni le prix payé par un retraité en particulier.

Deux corrections s’imposent avant d’utiliser ces montants. La première tient au profil lui-même, qui cumule deux caractéristiques jouant en sens inverse. Être placé dans la tranche de revenus la plus basse tire le tarif vers le bas, puisque la même enquête relève 74,92 euros pour la tranche de revenus la plus élevée contre 61,67 euros pour la plus faible. Résider dans la zone où les cotisations sont les plus élevées le tire vers le haut, l’écart entre les deux zones extrêmes étant de 7,37 euros par mois. Le chiffre publié n’est donc ni un plancher ni un plafond : c’est un point de construction, qui ne correspond exactement à personne.

La seconde correction tient à l’usage. Ces montants se citent comme un tarif type par âge, jamais comme ce que paie un retraité. Un prix moyen n’est pas un devis, et un chiffre daté et cadré vaut mieux qu’un chiffre précis dont on ignore l’origine.

Les six âges ne dessinent pas votre trajectoire

Le tableau se lit spontanément de haut en bas comme une courbe de vie, et c’est l’erreur la plus fréquente. Les six montants décrivent six assurés différents, observés la même année, chacun avec son contrat, ses garanties et son organisme. Ils ne disent pas ce que deviendra la cotisation d’une personne de 40 ans quand elle en aura 85.

La preuve est dans le tableau lui-même : entre 2021 et 2023, les primes de 65, 75 et 85 ans ont baissé pendant que celles de 20, 40 et 60 ans montaient. Une trajectoire individuelle ne se comporte pas ainsi. Cette photographie décrit un marché à un instant donné, elle ne projette rien.

Pourquoi la cotisation monte avec l’âge, et ce qui n’entre jamais dans le calcul

La montée du prix avec l’âge n’est ni une sanction ni un hasard commercial : c’est une règle de construction tarifaire, et elle a des bornes légales très précises.

  • L’âge est un critère de tarification assumé. En 2023, 96 % des personnes couvertes par un contrat individuel le sont par un contrat dont la prime varie selon l’âge.
  • L’état de santé, lui, est interdit. Pour bénéficier du taux réduit de taxe, un contrat doit être solidaire : l’organisme ne recueille pas d’informations médicales et ne fixe pas les cotisations en fonction de l’état de santé. Votre prime peut donc monter parce que vous vieillissez, jamais parce que vous êtes malade. C’est une différence de fond avec d’autres branches, où la sélection à la souscription existe : nous l’avons documentée sur l’âge limite de souscription en assurance pour chat âgé.
  • Le contrat d’entreprise échappe à cette logique parce qu’il mutualise tous les salariés dans un même tarif, financé en partie par l’employeur.

Reste à savoir ce qui pousse la courbe vers le haut. Sur ce point, une seule cause a été mesurée par âge sur source publique : la réforme du 100 % Santé, qui a supprimé le reste à charge sur certaines prothèses dentaires, lunettes et aides auditives en le transférant aux complémentaires.

Âge de l’assuré de référenceEffet mesuré sur la prime d’un contrat individuel, 2019 à 2021
Moins de 40 ansAucune hausse attribuée à la réforme
60 ans+ 7 %
75 ans+ 10 %
85 ans+ 12 %
Source : DREES, Études et Résultats n° 1338, « Réforme du 100 % santé : quels effets attendre sur les primes ? », avril 2025, données 2021 comparées à 2018 et 2019. Relevé le 13 septembre 2026. La DREES écrit que cette hausse est susceptible de se poursuivre, sans en chiffrer la suite.

Le résultat mérite d’être lu deux fois : une réforme présentée comme un gain de pouvoir d’achat pour tous s’est traduite par une hausse de prime concentrée sur les plus âgés, et par rien du tout avant 40 ans. C’est le mécanisme habituel du dispositif : le reste à charge n’a pas disparu, il a changé de payeur, comme nous le détaillons dans notre fiche sur ce qui est réellement à zéro euro dans le 100 % Santé.

Une honnêteté s’impose ici : le vieillissement de la population est cité partout comme cause de la hausse des cotisations, mais aucun chiffrage public n’isole sa part. Nous n’en donnons donc aucun.

Pourquoi deux personnes du même âge ne paient pas le même prix

C’est la limite la plus coûteuse d’un prix moyen, et elle s’aggrave avec l’âge. La DREES a mesuré, pour un même âge, l’écart entre les contrats les moins chers et les plus chers du marché.

ÂgeContrats les moins chers (1er décile)Contrats les plus chers (9e décile)Rapport
20 ans20 €46 €2,3
75 ans53 €200 €3,8
85 ans60 €231 €3,9
Primes mensuelles, contrats individuels, assuré de référence. Le 1er décile est le seuil sous lequel se situent les 10 % de contrats les moins chers, le 9e décile celui au-dessus duquel se situent les 10 % les plus chers. Source : DREES, panorama La complémentaire santé, édition 2024, fiche 11, graphique 1b. Année des données : 2021. Relevé le 13 septembre 2026. Rapports calculés par la rédaction à partir de ces montants.

À 85 ans, l’écart entre le contrat le moins cher et le plus cher du marché atteint 171 euros par mois, soit plus que la moyenne elle-même. La DREES le formule ainsi : « l’hétérogénéité des primes entre les contrats s’accentue avec l’âge. » Autrement dit, plus vous avancez en âge, moins la moyenne vous renseigne.

Mettez maintenant les deux mesures côte à côte. Entre 20 et 85 ans, la prime de référence est multipliée par 3,9. À 85 ans, entre le contrat le moins cher et le plus cher du marché, le rapport est lui aussi de 3,9. Ces deux rapports ne portent pas sur la même année, 2023 pour les primes et 2021 pour la dispersion, et ils ne s’additionnent pas : ce sont des rapports, pas des montants. Mais l’ordre de grandeur est parlant. À 85 ans, le contrat dans lequel vous vous trouvez pèse à peu près autant sur votre cotisation que tout l’effet de l’âge entre 20 et 85 ans. C’est la raison pour laquelle une page qui ne donne qu’un prix moyen par âge vous renseigne à moitié.

L’âge n’est d’ailleurs pas le seul curseur. La même enquête publie, pour l’année 2023, le tarif type de plusieurs situations familiales et géographiques, toutes construites pour un assuré de 40 ans.

Situation de l’assuré de référenceContrat individuelContrat collectif
Seul et sans enfant61,67 €72,35 €
En couple, sans enfant119,66 €105,95 €
En couple, avec deux enfants181,24 €137,15 €
En couple, avec trois enfants191,57 €138,55 €
Zone géographique aux tarifs les plus faibles54,30 €71,59 €
Zone géographique aux tarifs les plus élevés61,67 €72,35 €
Tranche de revenus la plus élevée74,92 €86,73 €
Primes mensuelles moyennes en euros, toutes taxes comprises. Source : DREES, enquête auprès des organismes complémentaires. Année des données : 2023. Relevé le 13 septembre 2026. Cas types construits pour un assuré de 40 ans.

Deux enseignements s’en dégagent. Le premier : en contrat individuel, un couple avec trois enfants paie environ trois fois la prime d’une personne seule, alors qu’en collectif il paie moins de deux fois, parce que le tarif d’entreprise est en partie forfaitaire. Le second : la géographie pèse sensiblement moins que l’âge ou la composition du foyer, avec 7,37 euros d’écart mensuel entre la zone la moins chère et la plus chère.

Simple Assurances n’est ni assureur ni courtier : nous lisons les sources publiques et nous vous disons quoi y chercher. Sur ce sujet, l’erreur de lecture qui coûte le plus cher consiste à comparer un tarif à un autre sans comparer les garanties. Deux contrats à 100 euros par mois à 65 ans peuvent n’avoir rien en commun, et l’écart de 1 à 3,9 observé à 85 ans entre le premier et le dernier décile est d’abord un écart de contenu. Avant de regarder un prix, demandez le tableau de garanties en euros et non en pourcentage de la base de remboursement, c’est-à-dire du montant théorique sur lequel l’Assurance Maladie calcule sa part. Un contrat qui affiche « 300 % » sur un poste ne promet pas trois fois le prix payé : il promet trois fois cette base, qui est parfois de quelques centimes.

Ce que change le gel des cotisations décidé pour 2026

Toute évolution de prix annoncée pour cette année doit se lire à travers une disposition précise. L’article 13 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, en vigueur depuis le 1er janvier 2026, énonce : « Pour l’année 2026, le montant de ces cotisations ne peut être augmenté par rapport à celui applicable pour l’année 2025. » Cette clause n’a pas été censurée par le Conseil constitutionnel.

Le même article institue, au titre de la seule année 2026, une contribution exceptionnelle de 2,05 % sur les cotisations des organismes complémentaires, dont l’étude d’impact attend 1,02 milliard d’euros. Les organismes sont donc taxés davantage et privés du droit d’augmenter leurs tarifs la même année. Quatre fédérations professionnelles ont jugé cette disposition « très probablement anticonstitutionnelle » dans un communiqué commun du 30 janvier 2026.

Ce que vous lirez ailleursStatut réel au 13 septembre 2026
« Les mutuelles augmentent de 4,3 % en 2026 »Une annonce, pas un constat. Communiqué de la Mutualité Française du 16 décembre 2025, portant sur ses seules mutuelles adhérentes et formulé avant le vote du gel
« Les cotisations sont gelées en 2026 »Le droit en vigueur. Article 13 de la LFSS 2026, applicable depuis le 1er janvier 2026, non censuré
« La hausse réellement appliquée en 2026 a été de X % »Aucune source ne le dit. Le dernier constat public porte sur l’année 2024
Sources : loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, article 13 ; communiqués de la Mutualité Française du 16 décembre 2025 et du 30 janvier 2026 ; DREES, rapport sur la situation financière des organismes complémentaires, publié le 17 décembre 2025 sur données 2024. Relevé le 13 septembre 2026.

Retenez la distinction : une hausse annoncée en décembre par une fédération n’est pas une hausse appliquée, et le constat qui permettrait de trancher ne sera publié que dans plusieurs mois. Si votre avis d’échéance 2026 porte une augmentation, la question à poser à votre organisme est écrite dans la loi elle-même.

Une précision de vocabulaire pour finir, parce que le mot gel prête à confusion : ce que la loi bloque, ce sont les cotisations, pas votre dépense de santé. Sur cette même année 2026, la part que votre complémentaire n’a pas le droit de rembourser augmente, elle, de 40 euros par personne, au 1er octobre 2026. Nous y revenons plus bas, chiffres à l’appui.

Un cas déroulé : ce qui se passe quand le contrat d’entreprise s’arrête

Le vrai choc de prix n’arrive pas avec un anniversaire, il arrive avec un changement de statut. Un salarié qui part à la retraite peut conserver le contrat de son ancienne entreprise, sans questionnaire médical, grâce à un dispositif issu de la loi Évin du 31 décembre 1989. Le tarif est alors plafonné, mais pendant trois ans seulement, et le plafond se calcule sur le tarif global du contrat d’entreprise, part employeur comprise.

Année suivant le départPlafond légalAppliqué à la prime collective moyenne de 74,68 €
1re année100 % du tarif des salariés actifs74,68 € par mois au maximum
2e année125 % maximum93,35 € par mois au maximum
3e année150 % maximum112,02 € par mois au maximum
4e année et au-delàAucun plafond, le texte ne prévoit plus rienNon encadré
Plafonds fixés par l’article 1er du décret n° 90-769 du 30 août 1990, version en vigueur depuis le 1er juillet 2017, applicables aux adhésions postérieures à cette date. La troisième colonne est un calcul de la rédaction appliquant ces plafonds à la prime collective moyenne publiée par la DREES pour 2023 (74,68 €), à titre d’illustration : votre propre contrat d’entreprise a son tarif propre. Relevé le 13 septembre 2026.

Déroulons le cas jusqu’au bout. Un salarié qui partait à la retraite en 2023 d’une entreprise dont le contrat se situait dans la moyenne payait, comme actif, une fraction des 74,68 euros mensuels, l’employeur finançant le reste. Dès le premier mois de retraite, il supporte la totalité de ces 74,68 euros : le plafond de la première année n’empêche pas ce saut, il ne borne que ce qui vient après. En troisième année, il peut légalement payer jusqu’à 112,02 euros. Or la prime moyenne d’un contrat individuel à 65 ans s’établissait la même année à 100,37 euros.

La conclusion est contre-intuitive et rarement écrite : passé la deuxième année, le maintien du contrat d’entreprise peut coûter plus cher que la moyenne du marché individuel au même âge, et plus rien n’encadre son tarif à partir de la quatrième. Ce n’est pas une recommandation de résilier, c’est une date à noter sur votre calendrier pour comparer à ce moment précis.

Je suis partie à la retraite il y a trois ans et j’ai gardé la mutuelle de mon entreprise, en me disant que c’était la solution de facilité. La première année, je n’ai rien vu venir d’anormal, à part que je payais désormais la totalité. C’est le troisième avis d’échéance qui m’a fait tomber de ma chaise. J’ai cru à une erreur, on m’a expliqué que non, que c’était prévu comme ça. Personne ne m’avait dit que la protection sur le tarif s’arrêtait au bout de trois ans, et surtout personne ne m’avait dit quand la comparer avec autre chose.

Cas représentatif, reconstitué à partir de situations courantes. Ce n’est pas le témoignage d’une personne identifiable.

Ce qu’aucune cotisation, à aucun âge, ne rachètera

Avant d’arbitrer sur un prix, il faut connaître la somme qu’aucun contrat ne peut couvrir. La loi interdit à une complémentaire de rembourser la participation forfaitaire de 2 euros prélevée sur chaque consultation ou acte de médecin, ainsi que les franchises médicales de 1 euro par boîte de médicament et par acte d’auxiliaire médical, et de 4 euros par transport sanitaire.

Plafond annuel par personneJusqu’au 30 septembre 2026À compter du 1er octobre 2026
Participations forfaitaires50 €70 €
Franchises médicales50 €70 €
Total non remboursable100 €140 €
Source : décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026, publié au Journal officiel du 12 septembre 2026, entrée en vigueur le 1er octobre 2026. Les montants unitaires restent inchangés, seuls les plafonds annuels sont relevés. Relevé le 13 septembre 2026. Sont notamment exonérés les moins de 18 ans, les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et les femmes enceintes à partir du sixième mois.

Quarante euros de plus par personne et par an, à partir du 1er octobre 2026, que le contrat le plus cher du marché ne couvrira pas davantage que le moins cher. Sur un foyer de deux personnes, le plafond total atteint 280 euros par an, soit 80 euros de plus qu’auparavant, hors de portée de toute cotisation. Ce sont des plafonds : ils ne sont dus en entier que si le nombre d’actes dans l’année suffit à les remplir.

Cette part incompressible s’inscrit dans un reste à charge d’ensemble qui, lui, croît nettement avec l’âge. Après remboursement par l’Assurance Maladie et par la complémentaire, ce reste à charge s’élevait en moyenne à 100 euros par an entre 20 et 39 ans, contre 410 euros à partir de 70 ans. Ces montants datent de 2019, avant l’achèvement de la réforme du 100 % Santé au 1er janvier 2021 : ils décrivent la structure du risque selon l’âge, pas le niveau d’aujourd’hui.

Comment passer de la moyenne à votre cas

La moyenne publique est un point de repère, pas un tarif. Voici la suite d’écarts à corriger pour savoir où vous vous situez réellement.

  1. Partez de votre âge réel, pas d’une tranche. Les six âges publiés sont 20, 40, 60, 65, 75 et 85 ans. Toute valeur présentée par tranche d’âge, du type « 60 à 69 ans », ne vient pas de cette source.
  2. Corrigez l’effet du profil de référence. Il cumule la tranche de revenus la plus basse et la zone la plus chère : si vous êtes dans la zone la moins chère, l’écart type mesuré à 40 ans est de 7,37 euros par mois.
  3. Corrigez la composition du foyer à l’aide du tableau des cas types : en individuel, un couple sans enfant paie près du double d’une personne seule.
  4. Regardez votre type de contrat. En collectif, l’âge ne joue pas. En individuel, il joue pour 96 % des personnes couvertes, et c’est la situation majoritaire après 60 ans : 54 % des souscripteurs d’un contrat individuel ont 60 ans ou plus.
  5. Vérifiez votre éligibilité à la complémentaire santé solidaire. Pour une personne seule, le plafond de ressources est de 10 421 euros par an depuis le 1er avril 2026. La participation demandée est de 30 euros par mois à partir de 70 ans, soit environ le quart de la prime moyenne d’un contrat individuel à 75 ans. En 2021, dernière année mesurée, 67 % des personnes éligibles à ce volet payant n’y recouraient pas.
  6. Sachez que vous pouvez partir à tout moment. Passé un an d’ancienneté, un contrat de complémentaire santé se résilie sans frais ni préavis, la résiliation prenant effet un mois après réception de votre demande par l’organisme (article L113-15-2 du code des assurances, en vigueur depuis le 1er décembre 2020).

Un dernier repère pour situer ce que vous achetez : en 2024, les organismes complémentaires ont reversé en prestations 79 % des cotisations encaissées, et 73 % sur les seuls contrats individuels. Les 27 euros restants sur 100 couvrent les frais de gestion, les taxes et le résultat. Sur le seul volet fiscal, un contrat responsable supporte en 2026 une taxe de solidarité additionnelle de 13,27 %, une contribution au forfait patientèle de 0,80 % et la contribution exceptionnelle de 2,05 %, soit 16,12 % en additionnant les trois taux légaux. Cette addition n’est publiée par aucune source officielle, c’est une somme de taux et nous la présentons comme telle. Si vous êtes travailleur indépendant, cette dépense s’articule avec une couverture obligatoire souvent plus mince qu’on ne l’imagine : nous avons détaillé ce que verse réellement le régime obligatoire d’un indépendant.

Questions fréquentes

Quel est le prix moyen d’une mutuelle en 2026 ?

Aucune source publique ne le publie. La dernière prime moyenne mesurée porte sur 2023, et la prochaine portera sur 2025. Ce que l’on sait pour 2026 tient au droit et non à la statistique : l’article 13 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 interdit d’augmenter les cotisations par rapport à 2025.

Pourquoi les prix par tranche d’âge que je vois ailleurs sont-ils différents ?

Parce que la statistique publique ne publie pas de tranches. Certaines valeurs qui circulent, comme 77 euros pour les 60-69 ans, désignent en réalité une dépense annuelle moyenne d’organismes sur les postes du 100 % Santé, pas une prime mensuelle. Ce sont deux grandeurs sans rapport.

Ma cotisation peut-elle augmenter parce que je suis tombé malade ?

Dans un contrat solidaire, qui représente la quasi-totalité du marché, l’organisme ne recueille pas d’informations médicales et ne fixe pas la cotisation en fonction de l’état de santé. L’augmentation liée à l’âge et la revalorisation annuelle générale restent possibles.

Le contrat d’entreprise est-il toujours moins cher ?

En 2023, sa prime moyenne est de 74,68 euros par mois à tout âge, part employeur comprise, contre 36,31 euros pour un contrat individuel à 20 ans et 140,09 euros à 85 ans. Il est donc plus cher pour un jeune assuré et nettement moins cher pour un assuré âgé, et le salarié n’en paie qu’une partie.

Existe-t-il une aide publique réservée aux retraités ?

Non. Le seul dispositif accessible est la complémentaire santé solidaire, soumise à condition de ressources et ouverte à tous les âges. L’Assurance retraite exclut expressément les frais de mutuelle de son secours financier exceptionnel, et l’aide au paiement d’une complémentaire santé a été absorbée par la complémentaire santé solidaire le 1er novembre 2019.

Les exclusions de garantie, c’est-à-dire les cas qu’un contrat ne couvre jamais, ne sont pas exhaustives dans cet article : cette page traite du prix et de sa mesure, pas du contenu des garanties, qui figure dans les conditions générales de chaque contrat.

Les plafonds de garantie (le montant maximum que l’organisme remboursera), les franchises (la somme qui reste à votre charge avant remboursement) et les tarifs varient d’un contrat à l’autre, y compris chez un même organisme selon la formule souscrite. Les montants cités ici sont des moyennes statistiques publiques, jamais un tarif qui vous serait applicable.

Seules les conditions générales et particulières du contrat que vous avez souscrit font foi, ainsi que l’avis d’échéance que vous recevez. Informations non contractuelles, vérifiées le 13 septembre 2026, à confirmer auprès de votre organisme ou d’un conseiller avant toute décision.

Sources et mentions

  • DREES, enquête auprès des organismes offrant des couvertures complémentaires santé, jeu de données enquete-oc-depuis-2019 (primes par âge, cas types, contrats individuels et collectifs), données 2019, 2021 et 2023, retraitées le 20 janvier 2026. data.drees.solidarites-sante.gouv.fr, consulté le 13 septembre 2026.
  • DREES, communiqué de diffusion de l’enquête auprès des organismes complémentaires, 23 septembre 2025. drees.solidarites-sante.gouv.fr, consulté le 13 septembre 2026.
  • DREES, répartition des souscripteurs par âge selon le type de contrat, données 2023 (54 % des souscripteurs d’un contrat individuel ont 60 ans ou plus). data.drees.solidarites-sante.gouv.fr, consulté le 13 septembre 2026.
  • DREES, panorama La complémentaire santé, édition 2024, fiche 11 « Les primes d’assurance des contrats » (définition de l’assuré de référence, dispersion des primes par décile, données 2021). drees.solidarites-sante.gouv.fr, consulté le 13 septembre 2026.
  • DREES, panorama La complémentaire santé, édition 2024, fiche 14 « Le reste à charge des personnes après remboursement par l’assurance maladie complémentaire » (données 2019). drees.solidarites-sante.gouv.fr, consulté le 13 septembre 2026.
  • DREES, Études et Résultats n° 1338, « Réforme du 100 % santé : quels effets attendre sur les primes ? », avril 2025 (effets par âge sur les primes entre 2019 et 2021). drees.solidarites-sante.gouv.fr, consulté le 13 septembre 2026.
  • DREES, Rapport 2025 sur la situation financière des organismes complémentaires assurant une couverture santé, publié le 17 décembre 2025, données ACPR 2024 (retour sur cotisations de 79 % et de 73 % en individuel). drees.solidarites-sante.gouv.fr, consulté le 13 septembre 2026.
  • LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, article 13 (contribution exceptionnelle de 2,05 % et gel des cotisations pour 2026), en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
  • Sénat, rapport n° 131 tome II de la commission des affaires sociales sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (rendement attendu de 1,02 milliard d’euros). senat.fr, consulté le 13 septembre 2026.
  • Mutualité Française, communiqué du 16 décembre 2025 annonçant une évolution de 4,3 % en individuel et de 4,7 % en collectif pour 2026, sur le seul périmètre de ses mutuelles adhérentes. mutualite.fr, consulté le 13 septembre 2026.
  • Mutualité Française, FIPS, France Assureurs et UNOCAM, communiqué commun du 30 janvier 2026 sur le gel des tarifs 2026. mutualite.fr, consulté le 13 septembre 2026.
  • Code de la sécurité sociale, article L862-4 (taxe de solidarité additionnelle de 13,27 % et conditions du caractère solidaire), version en vigueur depuis le 1er janvier 2021, et article L862-4-1 (contribution au forfait patientèle de 0,80 %). Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
  • Décret n° 90-769 du 30 août 1990, article 1er, version en vigueur depuis le 1er juillet 2017 (plafonnement tarifaire des trois premières années du dispositif de la loi Évin), et loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989, article 4. Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
  • Décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026, Journal officiel du 12 septembre 2026 (plafonds annuels des participations forfaitaires et des franchises portés à 70 euros au 1er octobre 2026). Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
  • Arrêté du 20 mars 2026 fixant le plafond de ressources de la complémentaire santé solidaire à 10 421 euros par an pour une personne seule, en vigueur au 1er avril 2026, et barème de participation par âge publié par la Direction de la sécurité sociale. Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
  • Direction de la sécurité sociale, rapport annuel sur la complémentaire santé solidaire 2025 (taux de non-recours de 67 % sur le volet avec participation, année 2021). complementaire-sante-solidaire.gouv.fr, consulté le 13 septembre 2026.
  • Code des assurances, article L113-15-2 (résiliation sans frais après un an, effet un mois après notification), version en vigueur depuis le 1er décembre 2020. Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
  • Assurance retraite, formulaire N3036 de demande de secours financier exceptionnel, excluant expressément les frais de mutuelle. lassuranceretraite.fr, consulté le 13 septembre 2026.

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