70-80 ans : les postes de soins qui font basculer la facture
Publié le 29 septembre 2026. Sources vérifiées le 13 septembre 2026.
Entre 70 et 80 ans, la ligne qui fait mal sur une facture de soins n’est presque jamais celle que l’on surveille. La cotisation se regarde une fois par an, à l’échéance. Les postes qui font basculer le montant, eux, se lisent dans le tableau de garanties, et ils sont quatre : la chambre particulière, les dépassements d’honoraires, l’audioprothèse et l’optique hors panier. S’y ajoute une cinquième somme, que votre contrat n’a pas le droit de rembourser et qui augmente de 40 euros le 1er octobre 2026.
La dernière prime moyenne publiée sur source officielle porte sur l’année 2023 : 122,59 € par mois à 75 ans pour un contrat individuel, contre 93,97 € à 60 ans et 140,09 € à 85 ans (DREES, enquête auprès des organismes complémentaires, jeu de données diffusé le 23 septembre 2025 et retraité le 20 janvier 2026). Aucune donnée de prime plus récente n’existe.
Ce n’est pas ce chiffre qui fait la facture. Sur une chambre particulière, votre contrat rembourse un forfait par nuit, pas le prix facturé : en 2021, la moitié des bénéficiaires avaient une garantie d’au moins 60 € par nuit, et 17 % de ceux qui détenaient un contrat individuel n’en avaient aucune. Sur une aide auditive, aucun contrat responsable ne peut verser plus de 1 700 € par appareil, part de l’Assurance Maladie comprise, et sur une monture la prise en charge est limitée à 100 € (article R. 871-2 du code de la sécurité sociale, en vigueur depuis le 28 novembre 2025). Repères arrêtés au 13 septembre 2026.
122,59 euros par mois à 75 ans : ce que dit ce chiffre, et ce qu’il ne dit pas
Situons d’abord. La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (la DREES, service statistique des ministères sociaux) publie la prime demandée à un assuré de référence : un profil théorique identique d’un organisme à l’autre, personne seule et sans enfant, au régime général, dans la tranche de revenus la plus faible de la grille et dans la zone la plus chère. Montants toutes taxes comprises.
| Âge de l’assuré de référence, contrat individuel | Prime mensuelle, donnée 2021 | Prime mensuelle, donnée 2023 |
|---|---|---|
| 20 ans | 33,31 € | 36,31 € |
| 40 ans | 58,46 € | 61,67 € |
| 60 ans | 92,04 € | 93,97 € |
| 65 ans | 102,63 € | 100,37 € |
| 75 ans | 125,56 € | 122,59 € |
| 85 ans | 143,10 € | 140,09 € |
Deux précautions de lecture avant d’aller plus loin, et elles comptent.
- La DREES publie six âges ponctuels, pas des tranches d’âge. Il n’existe pas de prime officielle « pour les 70-79 ans ». Les valeurs par tranche rencontrées ailleurs sont des dépenses d’organismes, pas des primes : les deux ne se comparent pas.
- Ce sont des tarifs types, pas ce que paie un retraité réel. La DREES écrit que « les montants de primes décrits dans cette fiche ne correspondent pas aux montants effectivement versés ».
Le détail que personne ne relève tient dans la comparaison des deux colonnes. Entre 2021 et 2023, les trois âges les plus jeunes montent (36,31 € à 20 ans contre 33,31 €) et les trois âges les plus élevés descendent : 100,37 € à 65 ans contre 102,63 €, 122,59 € à 75 ans contre 125,56 €, 140,09 € à 85 ans contre 143,10 €. La courbe des tarifs types n’est donc pas un escalier régulier. C’est ce que la donnée dit, rien de plus : ni une baisse des cotisations réellement appelées, ni une tendance. Le niveau de prime par âge est traité dans nos fiches sur le prix d’une mutuelle par âge et sur ce que coûte une mutuelle senior et pourquoi elle monte. Ici, le sujet est le poste de soins.
Pourquoi ces postes-là, et pas d’autres
Le choix des quatre postes qui suivent n’est pas une intuition : la statistique publique les désigne. Dans son « Études et Résultats » n° 1338 d’avril 2025, la DREES mesure l’effet de la réforme du 100 % Santé sur les primes des contrats individuels entre 2019 et 2021 : + 12 % à 85 ans, + 10 % à 75 ans, + 7 % à 60 ans, et aucune hausse en dessous de 40 ans. Ces taux portent sur cette seule période.
La même étude nomme les postes en cause : « les dépenses des organismes de complémentaire santé associées aux trois postes de soins concernés par le 100 % santé ont crû de 2,2 milliards d’euros en 2021 (+30 %), en raison notamment de l’augmentation du recours en prothèses auditives et dentaires des personnes de 60 ans ou plus ». Le périmètre du zéro euro est détaillé dans notre fiche sur ce qui est à zéro euro et ce qui ne l’est pas, et le calcul dent par dent dans celle sur le reste à charge d’une couronne. Ce qui suit traite des postes qui n’ont jamais été mis à zéro.
Poste 1 : la chambre particulière, le seul que votre contrat paie en forfait
C’est le poste le plus traître, parce que la mécanique de remboursement n’y est pas celle du reste du contrat. Sur une consultation, votre complémentaire paie un pourcentage d’une base officielle. Sur une chambre particulière, elle paie un forfait en euros par nuit qu’elle fixe elle-même, pendant que l’établissement facture un prix qu’aucun texte n’encadre. L’écart est pour vous, intégralement.
- L’Assurance Maladie ne rembourse rien. L’article R. 162-27 du code de la sécurité sociale, en vigueur depuis le 1er janvier 2025, range la chambre individuelle parmi les prestations « pour exigence particulière du patient sans fondement médical », facturées sans prise en charge par les régimes obligatoires.
- Elle est facturée par journée, jour de sortie compris, sauf décès ou transfert. Elle n’est pas facturable pour les journées en réanimation, en soins intensifs ou en surveillance continue, ni lorsque l’isolement a été prescrit médicalement (même article).
- Aucun prix public n’existe. L’établissement doit vous informer du prix et établir une facture détaillée, mais aucun texte ne le plafonne et aucune statistique publique ne le relève : tout « tarif moyen » qui circule vient d’un acteur commercial.
Le niveau des garanties, lui, est établi : la DREES l’a mesuré sur son enquête 2021 et précise que ces chiffres sont « relativement stables depuis 2019 ».
| Ce que couvrent les contrats sur ce poste | Contrats individuels | Contrats collectifs |
|---|---|---|
| Bénéficiaires sans aucune garantie chambre particulière | 17 % | 6 % |
| Prise en charge illimitée dans le temps | 62 % | 73 % |
| Prise en charge plafonnée à 90 jours par an | Environ 2 sur 10, tous contrats confondus | |
| Garantie médiane | Au moins 60 € par nuit pour la moitié des bénéficiaires | |
| Les 10 % les moins bien couverts, en collectif | Garantie inférieure ou égale à 35 € par nuit | |
Deux chiffres méritent d’être relus. En 2021, 17 % des bénéficiaires d’un contrat individuel n’avaient aucune garantie sur ce poste, contre 6 % en collectif : près de trois fois plus, et le contrat individuel est celui que l’on détient après la retraite. Et deux bénéficiaires sur dix voient leur garantie s’arrêter au bout de 90 jours par an. La mécanique est une multiplication, pas un remboursement proportionnel : une garantie de 60 euros par nuit plafonne l’intervention de votre contrat à 300 euros sur cinq nuits, quel que soit le prix facturé.
La rédaction de Simple Assurances n’est ni assureur ni courtier : nous lisons les textes et nous vous disons quoi y chercher. Sur la ligne « chambre particulière » de votre tableau de garanties, trois informations doivent figurer, et elles manquent souvent toutes les trois. Le montant en euros par nuit : un pourcentage n’a aucun sens ici, puisqu’il n’existe aucune base de remboursement officielle. La durée : illimitée, ou bornée à 30, 60 ou 90 jours par an. Le périmètre, enfin, car les contrats ne traitent pas toujours de la même façon l’hospitalisation médicale, la chirurgie et les soins de suite. Demandez ces réponses par écrit avant une hospitalisation programmée, et demandez le prix de la chambre à l’établissement, tenu de vous le communiquer.
Poste 2 : les dépassements d’honoraires, plafonnés par décret avant de l’être par votre contrat
Un dépassement d’honoraires est la part facturée au-delà du tarif fixé par convention, que l’Assurance Maladie ne rembourse jamais. Sur ce poste, la promesse d’un contrat « 200 % » se heurte à une règle publique qui la neutralise en partie.
L’article R. 871-2 du code de la sécurité sociale, en vigueur depuis le 28 novembre 2025, enferme la prise en charge des dépassements d’un médecin non adhérent à un dispositif de pratique tarifaire maîtrisée (l’OPTAM, ou l’OPTAM-ACO en anesthésie, chirurgie et obstétrique) dans une double limite : « 100 % du tarif de responsabilité », et le montant pris en charge pour un médecin adhérent « minoré d’un montant égal à 20 % du tarif de responsabilité ». La plus basse des deux s’applique.
- Un contrat qui rembourse 200 % de la base sur un médecin adhérent à l’OPTAM est plafonné à 100 % de la base sur un non-adhérent (première limite).
- Un contrat qui rembourse 100 % de la base sur un adhérent est plafonné à 80 % de la base sur un non-adhérent (seconde limite). Lecture de l’article R. 871-2, consulté sur Légifrance le 13 septembre 2026.
Tout se joue donc au moment de choisir le praticien, plus qu’au moment de choisir le contrat. Sur une consultation de généraliste, l’Assurance Maladie rembourse 19 euros sur une base de 30 euros chez un secteur 1 ou un secteur 2 adhérent à l’OPTAM, contre 14,10 euros sur une base de 23 euros chez un secteur 2 non adhérent (Assurance Maladie, page mise à jour le 13 janvier 2026). Votre contrat ne peut alors ajouter que 100 % de cette base réduite, soit 23 euros au maximum : calcul de la rédaction appliquant la règle du décret à la base publiée.
Les ordres de grandeur viennent du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM), rapport de juin 2026 et annexe d’octobre 2025.
- 56 % des spécialistes libéraux exercent en secteur 2 en 2026, et 53 % des praticiens concernés adhéraient à l’OPTAM ou à l’OPTAM-ACO en 2024. Les dépassements ont représenté 4,7 milliards d’euros en 2025.
- « Les complémentaires santé couvrent globalement 37 % à 40 % des dépassements d’honoraires des spécialistes médicaux », écrit le HCAAM en octobre 2025 : le reste est payé par les patients. Aucune moyenne par séjour hospitalier n’étant publiée, nous n’en fabriquons pas.
La question utile avant une intervention programmée n’est donc pas « quel est mon niveau de remboursement », mais « le chirurgien et l’anesthésiste adhèrent-ils à l’OPTAM-ACO ». Cela se vérifie dans l’annuaire santé de l’Assurance Maladie.
Poste 3 : l’audioprothèse, où le plafond de votre contrat est écrit dans un décret
C’est le poste que la DREES désigne comme moteur de la dépense des organismes chez les 60 ans ou plus. Deux classes coexistent : la classe I relève du 100 % Santé, prix plafonné ; la classe II est à prix libre.
| Aide auditive, adulte de plus de 20 ans, par oreille | Classe I | Classe II |
|---|---|---|
| Prix | Plafonné à 950,00 € (prix limite de vente) | Libre, aucun plafond |
| Base de remboursement | 400,00 € | 400,00 € |
| Part de l’Assurance Maladie, 60 % de la base | 240,00 € | 240,00 € |
| Solde à couvrir au prix maximum | 710,00 € | Dépend du prix facturé |
| Reste à charge avec un contrat responsable | 0,00 € | Variable plafond de 1 700 € par appareil, part de l’Assurance Maladie comprise |
Le calcul sur un appareil de classe II facturé 1 500 euros par oreille, montant pris comme hypothèse de travail et non comme un prix constaté : la base reste de 400 euros, l’Assurance Maladie verse 240 euros, il reste 1 260 euros à couvrir. Le contrat ne pouvant verser plus de 1 700 euros au total sur cet appareil, part de l’Assurance Maladie comprise, sa contribution maximale est de 1 460 euros. S’il couvre le solde, vous ne payez rien. S’il ne couvre que le ticket modérateur, soit les 160 euros qui complètent la base, il vous reste 1 100 euros pour une seule oreille. Même appareil, même texte, 1 100 euros d’écart selon une ligne de votre tableau de garanties.
Trois règles encadrent ce poste, rarement rappelées au devis.
- Le renouvellement n’est pris en charge qu’au bout de quatre ans, oreille par oreille (arrêté du 14 novembre 2018). L’article R. 871-2 aligne le contrat responsable sur cette période.
- Le suivi est compris dans le prix de vente : trois séances de contrôle la première année (aux 3e, 6e et 12e mois), puis un suivi dont « la fréquence minimale recommandée est bi-annuelle ». La garantie du fabricant est d’au moins quatre ans.
- Les piles sont remboursées à 60 % sur une base de 1,50 euro le paquet de six, de 3 à 10 paquets par an selon l’appareil, quantités doublées pour les deux oreilles.
Poste 4 : l’optique, où la Sécurité sociale a cessé d’être un acteur
Ici, le chiffre qui explique tout tient en deux décimales. Pour un équipement de classe B, c’est-à-dire hors panier 100 % Santé, la base de remboursement totale est de 0,15 euro : 0,05 euro pour la monture et 0,05 euro par verre, quel que soit le prix payé et quelle que soit la correction. L’Assurance Maladie en rembourse 60 %, soit 9 centimes (liste des produits et prestations, version du 9 septembre 2026 ; taux publié par l’Assurance Maladie, page mise à jour le 19 janvier 2026 ; part calculée par la rédaction). Hors panier, tout se joue donc entre votre opticien et votre contrat.
Là encore, le contrat est borné par le même article R. 871-2. Prenons un équipement de classe B à 350 euros, monture à 120 euros et deux verres progressifs à 115 euros, exemple construit par la rédaction pour appliquer les plafonds du texte.
| Équipement de classe B à 350 €, monture 120 € et deux verres progressifs | Montant |
|---|---|
| Prix payé | 350,00 € |
| Base de remboursement, monture et deux verres | 0,15 € |
| Part de l’Assurance Maladie, 60 % de la base | 0,09 € |
| Reste à charge sans complémentaire santé | 349,91 € |
| Reste à charge si le contrat couvre au plafond de la catégorie f, 800 € | 0,00 € |
| Reste à charge si le contrat couvre au plancher de la même catégorie, 200 € | 149,91 € |
Sur le même équipement, au même prix, le reste à charge va donc de zéro à 149,91 euros selon le seul niveau de garantie, à l’intérieur d’une fourchette imposée à tous les contrats responsables.
Dernière règle, décisive à cet âge : la périodicité de renouvellement. À partir de 16 ans, un équipement est pris en charge tous les deux ans, délai courant depuis la délivrance du précédent. Il tombe à un an si l’ophtalmologiste objective une dégradation atteignant les seuils de l’arrêté du 3 décembre 2018 : au moins 0,25 dioptrie de variation sur chacun des deux verres, ou 0,50 dioptrie sur un seul. Et aucun délai ne s’applique en cas de situation médicale particulière, la liste de l’arrêté citant notamment le glaucome, la dégénérescence maculaire liée à l’âge, la cataracte évolutive et la rétinopathie diabétique.
La cinquième somme : celle qu’aucune cotisation ne peut couvrir
Les quatre postes précédents dépendent de votre contrat. Celui-ci n’en dépend pas. L’article L. 871-1 du code de la sécurité sociale, en vigueur depuis le 28 février 2025, interdit à un contrat responsable de rembourser la participation forfaitaire (2 euros sur chaque consultation, examen de radiologie ou analyse de biologie réalisés par un médecin) et les franchises médicales (1 euro par boîte de médicament, 1 euro par acte d’auxiliaire médical, 4 euros par transport sanitaire).
| Plafond annuel par personne | Jusqu’au 30 septembre 2026 | À compter du 1er octobre 2026 |
|---|---|---|
| Participation forfaitaire | 50 € | 70 € |
| Franchises médicales | 50 € | 70 € |
| Total non remboursable par une complémentaire | 100 € | 140 € |
Quarante euros de plus par personne et par an, sans qu’aucune cotisation ne puisse y répondre. Ce plafond ne se remplit qu’acte par acte : au montant unitaire de 2 euros, il faut 25 consultations, examens de radiologie ou analyses de biologie dans l’année pour atteindre 50 euros, et il en faudra 35 pour atteindre 70 euros à partir du 1er octobre 2026. C’est la différence entre une année à trois consultations et une année de suivi rapproché : plus les actes s’accumulent, plus la somme se paie en entier. Aucune statistique publique ne publiant le nombre d’actes par âge, nous n’en donnons pas de moyenne.
Trois points le complètent, dont deux tombent le même 1er octobre 2026.
- L’affection de longue durée n’exonère ni de la participation forfaitaire ni des franchises, pas plus que la retraite ou une pension d’invalidité : l’Assurance Maladie les range parmi les sommes restant à charge malgré l’exonération (page mise à jour le 5 juin 2026). Les seules exonérations sont limitativement énumérées, dont les moins de 18 ans et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire.
- Au 1er octobre 2026, les assurés en affection de longue durée supportent une participation sur les médicaments à service médical rendu faible, ceux remboursés à 15 %. La mesure vient du décret n° 2026-285 du 16 avril 2026, qui ajoute une dérogation à l’article R. 160-18 du code de la sécurité sociale. Elle ne remet pas en cause la prise en charge à 100 % des autres soins en rapport avec l’affection.
- Le forfait journalier hospitalier est passé à 23 euros par jour le 1er mars 2026, 17 euros en psychiatrie (arrêté du 27 février 2026). L’Assurance Maladie ne le rembourse jamais, il est dû pour chaque journée y compris celle de la sortie, et l’affection de longue durée n’en exonère pas. En revanche, tout contrat responsable doit le prendre en charge « sans limitation de durée ».
Ce dernier point mérite un calcul. Pour un séjour de cinq jours en clinique avec une intervention chirurgicale dont le tarif dépasse 120 euros, la part réglementée du reste à charge vaut 147 euros : 115 euros de forfait journalier (23 euros sur cinq jours) et 32 euros de participation forfaitaire sur les actes coûteux, en vigueur depuis le 1er avril 2026. Ces 147 euros, calcul de la rédaction à partir des montants officiels, sont ramenés à zéro par un contrat responsable, qui doit couvrir l’intégralité de la participation (article R871-2 du code de la sécurité sociale). Réserve à connaître : la page de l’Assurance Maladie consacrée au forfait de 32 euros présente au contraire sa prise en charge comme « possible, si le contrat le prévoit ». Les deux formulations officielles coexistent, nous ne les arbitrons pas. Tout le reste de la facture relève de prix libres que personne ne garantit à l’euro près.
Les quatre lignes à vérifier sur votre tableau de garanties
- Chambre particulière : le montant en euros par nuit, la durée couverte (illimitée ou bornée à 30, 60 ou 90 jours par an), les séjours concernés.
- Dépassements d’honoraires : le taux pour un médecin adhérent à l’OPTAM et celui, plus faible, pour un non-adhérent. Si un seul chiffre figure, demandez lequel des deux il désigne.
- Aide auditive et optique : le montant en euros par appareil et par équipement, et la date de votre dernier remboursement, qui commande le droit au suivant.
- Forfait journalier hospitalier : la mention « sans limitation de durée » est obligatoire dans un contrat responsable, son absence est un signal.
Et une remarque vaut pour les quatre : un pourcentage seul ne vous apprend rien. « 300 % » sur une aide auditive ne veut pas dire trois fois le prix, mais trois fois une base de 400 euros, plafonnée ensuite par le décret. Demandez la traduction en euros, poste par poste, et faites confirmer votre situation par votre organisme ou un conseiller avant toute décision engageante.
Les exclusions de garantie, c’est-à-dire les cas qu’un contrat ne couvre jamais, et les postes cités dans cet article ne sont pas exhaustifs : chaque contrat comporte sa propre liste, consultable dans votre notice d’information.
Les plafonds de garantie (le montant maximum que l’organisme remboursera), les franchises (la somme qui reste à votre charge avant remboursement) et les périodicités de renouvellement varient d’un contrat à l’autre, y compris chez un même organisme selon la formule souscrite.
Seules les conditions générales et particulières du contrat que vous avez souscrit font foi. Informations non contractuelles, vérifiées le 13 septembre 2026, à confirmer auprès de votre organisme ou d’un conseiller avant toute décision.
Sources et mentions
- DREES, enquête auprès des organismes offrant des couvertures complémentaires santé, jeu de données « enquete-oc-depuis-2019 » (primes mensuelles par âge de l’assuré de référence, années 2019, 2021 et 2023, retraitées le 20 janvier 2026). data.drees, consulté le 13 septembre 2026.
- DREES, « Études et Résultats » n° 1338, « Réforme du 100 % santé : quels effets attendre sur les primes ? », avril 2025 (effet par âge sur les primes des contrats individuels entre 2019 et 2021, hausse de 2,2 milliards d’euros des dépenses sur les trois postes en 2021). DREES, consulté le 13 septembre 2026.
- DREES, « La complémentaire santé : acteurs, bénéficiaires, garanties », édition 2024, fiche 21 « La prise en charge des chambres particulières et des dépassements d’honoraires à l’hôpital », données de l’enquête 2021. DREES, consulté le 13 septembre 2026.
- HCAAM, « Trois scénarios pour une réforme des dépassements d’honoraires des médecins », juin 2026 (part des spécialistes en secteur 2, adhésion à l’OPTAM, 4,7 milliards d’euros de dépassements en 2025, illustration par acte sur données 2021). securite-sociale.fr, consulté le 13 septembre 2026.
- HCAAM, « Annexe 4 : Reste à charge et prise en charge des dépassements d’honoraires par les complémentaires santé », octobre 2025 (couverture de 37 % à 40 % des dépassements). securite-sociale.fr, consulté le 13 septembre 2026.
- Code de la sécurité sociale, article R. 871-2 (cahier des charges du contrat responsable : double limite sur les dépassements d’honoraires, plafond de 100 euros pour une monture, planchers et plafonds par équipement optique, plafond de 1 700 euros par aide auditive, forfait journalier sans limitation de durée), version en vigueur depuis le 28 novembre 2025. Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
- Code de la sécurité sociale, article R. 162-27 (chambre particulière et autres prestations pour exigence particulière du patient sans fondement médical), version en vigueur depuis le 1er janvier 2025. Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
- Code de la sécurité sociale, article L. 871-1 (interdiction faite au contrat responsable de couvrir la participation forfaitaire et les franchises), version en vigueur depuis le 28 février 2025. Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
- Décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026 relevant de 50 à 70 euros les plafonds annuels de la participation forfaitaire et de la franchise médicale au 1er octobre 2026, JORF du 12 septembre 2026. Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
- Décret n° 2026-285 du 16 avril 2026 relatif à la participation des assurés aux frais afférents aux médicaments à service médical rendu faible, effet au 1er octobre 2026, JORF du 17 avril 2026. Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
- Arrêté du 27 février 2026 relatif aux montants du forfait journalier hospitalier et du forfait patient urgences, JORF du 28 février 2026, effet au 1er mars 2026. Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
- Décret n° 2026-228 du 30 mars 2026 portant à 32 euros la participation forfaitaire sur les actes coûteux, JORF du 31 mars 2026, effet au 1er avril 2026. Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
- Arrêté du 14 novembre 2018 relatif aux aides auditives et prestations associées (classes I et II, renouvellement au bout de quatre ans, prestations de suivi, garantie et période d’essai). Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
- Arrêté du 3 décembre 2018 relatif à l’optique médicale (classes A et B, périodicité de renouvellement, seuils de renouvellement anticipé). Légifrance, consulté le 13 septembre 2026.
- Liste des produits et prestations remboursables, version 901 du 9 septembre 2026 (bases de remboursement et prix limites de vente des équipements optiques de classe A et B et des aides auditives de classe I et II, tarifs des piles). Assurance Maladie, codification, consultée le 13 septembre 2026.
- Assurance Maladie, « Aides auditives : quelle prise en charge ? », page mise à jour le 20 février 2026 (taux de 60 %, quantités de piles, contenu des séances de suivi). ameli.fr, consultée le 13 septembre 2026.
- Assurance Maladie, « Tableaux récapitulatifs des taux de remboursement », page mise à jour le 19 janvier 2026 (taux de 60 % en optique et en audiologie, 70 % sur les honoraires médicaux, 80 % en hospitalisation). ameli.fr, consultée le 13 septembre 2026.
- Assurance Maladie, « Consultations en métropole : vos remboursements », page mise à jour le 13 janvier 2026 (bases et montants remboursés selon le secteur d’exercice et l’adhésion à l’OPTAM). ameli.fr, consultée le 13 septembre 2026.
- Assurance Maladie, « Hospitalisation : votre prise en charge », page mise à jour le 2 mars 2026 (absence de remboursement des suppléments de confort, forfait journalier). ameli.fr, consultée le 13 septembre 2026.
- Assurance Maladie, « La participation forfaitaire de 2 € », page mise à jour le 19 janvier 2026, et « La franchise médicale », page mise à jour le 19 décembre 2025 (champ d’application, plafonds, exonérations). ameli.fr, consultées le 13 septembre 2026.
- Assurance Maladie, « À quoi sert la prise en charge en ALD exonérante ? », page mise à jour le 5 juin 2026 (sommes restant à charge malgré l’exonération : dépassements, participation forfaitaire, franchises, forfait journalier). ameli.fr, consultée le 13 septembre 2026.
Image a la une : Jsme MILA sur Pexels.
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